Jiwa tire le rideau, coup dur pour la musique légale en streaming

C’est un triste jour pour la musique légale en ligne. Après deux années de bons et loyaux services, Jiwa vient en effet tout juste de fermer définitivement ses portes. La faute aux maisons de disque et à leur politique opportuniste, bien entendu, mais aussi à un gouvernement qui n’a pas tenu ses promesses. Pas de doute, c’est un coup dur pour la  musique en ligne et pour tous ceux qui pensaient qu’il suffisait de proposer des idées novatrices et audacieuses pour réussir.

Négocier avec les maisons de disque n’est pas de tout repos et les concepteurs de Jiwa pourraient sans doute vous en parler mieux que moi. Au total, ces derniers devaient en effet verser chaque année près d’un million d’euros pour avoir la possibilité de diffuser de la musique en ligne. Autant dire qu’il en va évidemment de même pour les autres services concurrents, la plupart de ces derniers sont d’ailleurs très largement déficitaires et ne parviennent à survivre qu’à coups de levées de fonds diverses et variées.

Notons que c’est d’ailleurs le cas de la plupart des services web 2.0 à la mode.

De mon point de vue, l’histoire de Jiwa est tout simplement dramatique. Dramatique car elle prouve une fois de plus combien il est difficile d’entreprendre dans notre pays. Avoir de bonnes idées ne suffit pas, se montrer audacieux est inutile, car ce sont les lobbies qui tiennent notre économie. Et si nous parvenons à leur échapper, alors c’est la machine administrative qui nous tombe dessus.

Le plus ironique, bien entendu, c’est encore que la fermeture de Jiwa intervient à la même période où la machine Hadopi se met en branle. Ce qui prouve bien que nos gouvernants préfèrent punir l’internaute plutôt que de l’éduquer et de l’emmener vers autre chose.

Quoi qu’il en soit, si vous n’avez jamais eu l’occasion d’utiliser Jiwa, vous pouvez toujours vous rabattre sur mon screencast.

Via