Fouille de téléphones à la douane, l’EFF et l’ACLU portent plainte contre le gouvernement US

Face aux procédures de fouille effectuées par les agents de la douane américaine, deux associations de défense civiques ont engagé des poursuites judiciaires. Elles accusent le gouvernement américain d’abuser sur les fouilles de téléphones et ordinateurs à la douane. Selon les plaignants, l’EFF et l’ACLU, l’exécution de ce genre d’opération devrait requérir un mandat de perquisition adéquat.

Le département de la sécurité intérieure et deux agences de l’immigration ont été particulièrement visés par cette plainte. Ils sont montrés du doigt sur la façon dont ils ont inspecté les appareils portables de dix citoyens américains, dont certains étaient musulmans.

Clavier

La plainte a été déposée devant la cour fédérale du Massachusetts le 13 septembre 2017.

Quinze mille appareils fouillés depuis le début de l’année

Le nombre de recherches dans les appareils électroniques ne cesse d’augmenter aux frontières des États-Unis. Déjà que les statistiques de l’année 2016 ont été assez inquiétants comparés à ceux de 2015 (8 500 fouilles en 2015 contre 19 000 en 2016), 2017 semble s’annoncer pire. Selon l’Association américaine des libertés civiques (ACLU), 15 000 recherches ont été déjà effectuées depuis le début de l’année.

Parmi ceux qui ont été victimes de cette pratique, plusieurs ont dû remettre leurs portables aux autorités pendant quelques mois comme c’est le cas pour Suhaib Allabadidi. Faisant partie des personnes qu’ACLU et EFF défendent, il n’a récupéré son smartphone qu’après sept mois de confiscation.

Les deux organisations ont d’autant plus souligné qu’aucune de ces personnes n’est « accusé d’un quelconque méfait ou se soit vu expliquer. »

Un enjeu de vie privée

« Nos téléphones sont devenus des plans détaillés de toute notre vie. Ils contiennent énormément d’informations sensibles et personnelles, dont l’essentiel de nos communications écrites, notre liste de contacts, des données localisées et des photos et vidéos dévoilant les aspects les plus intimes de nos relations. » ont mentionné les deux associations.

Elles ont ensuite ajouté que « Les douanes ne doivent pas servir de [faux prétexte] permettant aux forces de l’ordre de s’immiscer dans nos vies personnelle et professionnelle […] Le gouvernement dit qu’il peut fouiller nos appareils sans aucune raison, sans mandat de perquisition ni le moindre soupçon sur la violation des lois relatives à l’immigration ou aux douanes. »

L’ACLU et l’EFF mènent cette bataille afin de sensibiliser le gouvernement sur l’illégalité de ces intrusions dans la vie privée des voyageurs. Il reste à savoir s’ils vont atteindre leur but et faire cesser cette pratique scandaleuse.

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