France Telecom veut taxer les géants du web

Depuis qu’ils ont installé des barreaux aux fenêtres, tout va mal chez France Telecom / Orange. Après la suppression des forfaits illimités en 3G, l’opérateur historique souhaite désormais s’attaquer au web. Stéphane Richard a ainsi profité du DigiWorld Summit 2010 pour parler de son nouveau projet top secret : faire cracher les géants du web et forcer Google et consort à s’acquitter d’une taxe spéciale. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils font trop de trafic.

Enfin il ne l’a pas dit comme ça, hein… L’homme sait choisir ses mots et à tout simplement plaidé pour « la mise en place d’un système de rémunération par les fournisseurs de services en fonction de leurs usages ». Ce qui veut tout simplement dire, en clair, que les gros sites coûtent très cher et que France Telecom a envie de se faire un peu fric sur leur dos en les taxant en fonction de la bande passante consommée.

Et ça, c’est forcément très dangereux. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’en France, on a l’habitude de rédiger des textes de loi sur un coin de table. Même qu’on oublie souvent de se relire après. Si le gouvernement décide d’appuyer la suggestion de France Telecom, il y a donc de fortes chances que la liberté de diffuser de l’information s’en prenne un coup dans la tronche. Si on taxe Google, Facebook ou Twitter, pourquoi ne pas en faire de même avec la Wikipédia ou Numerama ?

Certes, le trafic généra par Numerama n’est pas comparable à celui de YouTube ou de Gmail, mais tout dépendrait finalement du texte de la loi. Un point ou une virgule manquante, et même les blogueurs pourraient être compris dans le lot. Au final, c’est donc l’économie du web qui sera fragilisée. Les modèles rentables étant de plus en plus rares sur la toile, une telle loi pourrait donc avoir des conséquences désastreuses sur un grand nombre de sociétés et d’associations.

Forcer les gens à payer pour exprimer leurs idées ou leurs opinions, c’est en plus une manière discrète de les bâillonner. Et il suffit d’aller fouiner dans le texte de la loi Hadopi ou dans celui de la Loppsi pour comprendre que la liberté d’expression n’est pas la priorité de notre gouvernement.

Mais c’est pas grave, au moins on aura sauvé le thon rouge.

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