Fukushima : un reportage inédit tourné dans la zone d’exclusion

Il existe une discipline appelée urbex (abréviation d’Exploration urbaine). Il s’agit d’une activité qui consiste à visiter des endroits souvent abandonnés, cachés ou difficiles d’accès. La plupart du temps, les urbexers pénètrent les lieux ciblés en toute illégalité. Dernièrement, deux adeptes de cette discipline ont filmé illégalement dans la zone interdite de Fukushima. Les deux hommes ont réussi à enregistrer des images saisissantes.

Fukushima n’est plus qu’une ruine depuis la catastrophe qui a eu lieu le 11 mars 2011. Pour rappel, ce jour-là, le Japon a été frappé d’un violent séisme (magnitude 9) suivi d’un tsunami. Le système de refroidissement de la centrale nucléaire n’a pas résisté, ce qui a provoqué la fusion de trois des six réacteurs. Le périmètre a été immédiatement évacué.

Fukushima

Depuis six ans, la nature a repris ses droits sur les lieux. Quelques habitants ont choisi de ne pas quitter la zone. Néanmoins, celle-ci est toujours dangereusement radioactive.

Pour une prise de conscience

L’un des effrontés est d’origine néerlandaise, il s’appelle Bob Thissen. L’autre est Belge, son nom est Frederik Sempens. Ils ont outrepassé la loi qui interdit l’accès à la zone tout en ayant conscience du risque d’irradiation.

Leur motivation était de sensibiliser l’humanité sur les dangers du nucléaire.

Les deux aventuriers ont auparavant déjà tenté de pénétrer la zone d’exclusion pour réaliser le reportage, mais sans succès. Cette fois-ci, ils sont allés jusqu’à publier la vidéo sur YouTube.

Bob Thissen et Frederik Sempens étaient prêts à s’introduire dans cette zone dangereuse pour défendre la cause : « On aimerait que l’être humain prenne conscience du danger après un événement aussi tragique, mais malheureusement ce n’est pas toujours le cas ».

Un endroit incomparable

Dans la vidéo, le temps semble s’effriter. Il y a une séquence qui montre une école où dans les salles de classe, des cahiers sont restés étalés sur les pupitres. Des cartables sont encore accrochés aux portemanteaux.

Le binôme s’est muni d’un compteur Geiger. « Celui-ci oscillait généralement entre 2 et 5 millisieverts (unité mesurant la dose de rayonnement radioactif, ndlr). À certains endroits, cela grimpait jusqu’à 400 », a relaté Bob Thissen à HLN. A noter que la radioactivité devient cancérogène au-delà de cent. « C’est en effet risqué, mais nous voulions prendre ces images. Il n’y a aucun endroit sur terre que l’on peut comparer à Fukushima », a-t-il ajouté.

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