Ghana : Un cours de bureautique sans ordinateurs ? Aucun problème !

On avait tendance à croire que pour profiter d’un cours d’informatique, avoir des ordinateurs à disposition était un prérequis. Mais ça c’était avant. Comme nous le prouve Richard Appiah Akoto – un professeur de Technologies de Communication et d’Information (ICT) exerçant en la petite ville de Sekyedomase au Ghana (située à une demi-heure de Kumasi) – quelques craies de couleur, un tableau noir et une sacrée dose bonne volonté, suffisent à faire donner à des élèves motivés un cours complet sur Word.

Ingénieux et débrouillard le trentenaire, a pris l’habitude d’adopter cette technique rudimentaire pour pallier de son mieux au manque de moyens mis à la disposition des écoles rurales du pays. Au Ghana, et dans de nombreuses autres régions d’Afrique, un grand déséquilibre reste toujours présent entre les établissements scolaires des grandes villes et ceux des petits villages, notamment en termes de matériel et d’équipement.

Un prof ghanéen, roi de la débrouille, a pris l’habitude de donner des cours d’informatique à ses élèves en dessinant l’interface de Word à la craie, sur un bon vieux tableau noir.

C’est toutefois au travers d’un post sur Facebook que Richard Appiah Akoto a pu partager son quotidien d’enseignant africain. Un post relayé ces deux dernières semaines par plusieurs personnalités, qui lui ont ainsi permis d’obtenir une visibilité mondiale et d’attirer du même coup l’attention sur les conditions de travail des professeurs locaux – et les difficiles conditions d’apprentissages de leurs élèves.

Les réseaux sociaux dans ce qu’ils ont de meilleur…

Si Twitter, Facebook et consorts n’ont pas toujours bonne presse, force est d’admettre que dans ce genre de situations, ils peuvent s’avérer d’une redoutable efficacité. Notamment lorsqu’il s’agit de donner des instantanés de la vie quotidienne de personnes habitant à plusieurs milliers de kilomètres.

Dans le cas présent, l’engagement de Richard Appiah Akoto a ému les internautes et est même parvenu jusqu’aux oreilles de la division africaine de Microsoft. C’est en effet au travers d’un seul et unique tweet que Rebecca Enonchong, une entrepreneuse africaine spécialisée dans la Tech, a réussi à faire remonter l’info chez Microsoft. La firme a répondu être prête à soutenir l’école de Richard Appiah Akoto en lui fournissant un ordinateur ainsi qu’un accès à la Communauté des Enseignants de Microsoft Education.

Pas sûr que cela suffise à combler les besoins d’une classe entière en matériel. Pas sûr non plus que Microsoft puisse, à lui seul, régler un problème de fond qui touche nombre de pays à travers le monde – et pas seulement sur le continent africain.