Ghost in the Shell : Scarlett Johansson accusée d’avoir menti sur son refus de jouer « un personnage d’une race différence »

Le Réseau Médiatique d’Action pour les Américains Asiatiques (MANAA) a dénoncé vendredi les propos récemment tenus par Scarlett Johansson sur son refus de jouer « un personnage d’une race différente », alors que dans le récent Ghost in the Shell, elle incarne Motoko Kusanagi, au nom à la consonance fortement japonaise.

Dans son communiqué, le MANAA accuse ainsi l’actrice d’avoir « menti » dans l’émission Good Morning America. Et de contester de même le choix de l’acteur Michael Pitt pour interpréter le personnage de Kuze dans le film de Rupert Sanders alors que, selon le réseau, il « a été révélé que le nom originel [de Kuze] est Hideo, signifiant qu’il était lui aussi Japonais ».

GITS

Au-delà du fait que l’emploi du terme « race » par Scarlett Johansson, pas forcément évident à saisir pour les non-anglophones, découle (rappelons-le) de sa généralisation aux États-Unis pour désigner une catégorie de personnes à l’apparence différente, on peut en effet s’interroger sur les déclarations de l’actrice venant, a priori, se fracasser contre la contradiction représentée par son premier rôle dans Ghost in the Shell (GITS).

Le MANAA contre Johansson dans Ghost in the Shell, mais…

Le président du MANAA Robert Chan déplore qu’« apparemment, à Hollywood, les Japonais ne puissent plus incarner des Japonais. Il n’y a aucune raison pour laquelle Motoku ou Hideo n’auraient pas été dépeints par des acteurs japonais ou asiatiques en lieu et place de Scarlett Johansson et Michael Pitt. Nous ne voyons même pas ce à quoi ils ressemblaient dans leur identité humaine originelle – un nouveau lavage blanc (whitewashing). »

Sauf que voilà, non contente d’écorcher le nom de l’héroïne du manga (Motoko), l’organisation semble ne pas s’être intéressée de près à l’histoire de GITS pour regretter le non-choix d’une actrice japonaise pour incarner la femme cyborg. Plusieurs utilisateurs du site Quora ont ainsi rassemblé sur une page des éléments fragilisant ce supposé « white washing » dans la constitution du casting de GITS version 2017.

Il nous est par exemple rappelé que Motoko Kusanagi est un alias et non le véritable nom du personnage, qui ne se souvient par ailleurs nullement de sa véritable identité. De plus, la représentation du lieutenant dans le film d’animation de 1995 différait sensiblement de l’apparence typique japonaise, notamment au niveau des yeux. Autre point interpellant, le choix d’une actrice occidentale dans le film nippo-polonais Avalon (de Mamoru Oshii, réalisateur des films d’animation GITS) pour incarner une figure rappelant grandement Motoko.

Pour finir, dans un entretien accordé à The Hollywood Reporter il y a un peu moins d’un an, Sam Yoshiba, directeur de la division commerciale internationale de Kodansha (détenteur des droits de la franchise GITS), avait déclaré qu’« au regard de sa carrière jusqu’à maintenant, je pense que le choix de Scarlett Johansson est bon. Elle a saisi ce qu’est le cyberpunk. Et en premier lieu, nous n’avions jamais pensé à une actrice japonaise. C’est une chance pour une propriété japonaise d’avoir une résonance mondiale. »

On pourrait même compatir avec Scarlett Johansson pour avoir possiblement essuyé une grosse partie des critiques adressées au film, alors qu’elles auraient très bien pu concerner un réalisateur qui n’avait jusqu’ici que le moyennement reçu Blanche-Neige et le Chasseur sur son CV.