Gliese 436b, l’étonnante planète chevelue, n’a pas encore dévoilée tous ses secrets

Gliese 436b n’a pas encore révélé tous ses secrets. Découverte en 2004, cette exoplanète avait fait beaucoup parler d’elle en raison de sa taille et de sa trajectoire. Dotée de vingt-deux masses terrestres, elle suivait en effet une trajectoire non circulaire et elle avait donc bénéficié d’une attention toute particulière de la part des astronomes.

En 2015, Hubble a permis aux chercheurs de constater que cette petite masse gazeuse était entourée d’hydrogène. La longue queue qu’elle laisse dans son sillage lui donne un aspect similaire à une comète. Dernièrement, une équipe de chercheurs de l’université de Genève a remarqué que la planète orbite suivant un plan perpendiculaire à la rotation de son étoile.

GJ 436b

GJ 436b a une particularité très intéressante : c’est la première exoplanète dotée d’une chevelure. Du moins à notre connaissance.

Ce comportement étrange pourrait, selon les experts suisses, indiquer la présence d’une autre planète beaucoup plus massive. Seulement, celle-ci serait trop éloignée de son étoile pour être repérée. Les détails sur l’étude ont été publiés dans la revue Nature.

Une technique rarement appliquée

Le fait que Gliese 436b survole les pôles de son étoile a amené les scientifiques à adopter une nouvelle approche. Afin de déterminer le sens de rotation de l’étoile, ils ont utilisé une technique très rarement appliquée.

Celle-ci consiste à examiner la lumière émise par l’étoile avant, pendant et après le passage du satellite. En effet, la nature de cette lumière comporte plusieurs informations concernant la vitesse du gaz stellaire émise.

Il s’agit ainsi de la première percée spectaculaire qui résulte du recours à cette méthode.

Une planète de type Jupiter ?

«Pour arriver à une telle situation, nous pensons qu’il y a une planète assez massive, de type Jupiter, qui orbite bien plus loin de son étoile», a relaté Christophe Lovis, maître d’enseignement et de recherche au Département d’astronomie de la Faculté des sciences de l’Université de Genève.

Cette hypothétique planète mettrait « probablement plusieurs dizaines d’années à faire le tour de son étoile ». Il y aurait ainsi peu de chance de l’avoir en vue. Par ailleurs, il ne serait pas évident de vouloir la repérer à partir de la méthode des vitesses radiales. Il s’agit d’une technique qui consiste à « déceler les petits mouvements d’avant en arrière de l’étoile, provoqués par l’attraction gravitationnelle de la planète ».

Christophe Lovis a également avancé que « comme ce système est assez ancien, elle est aussi probablement trop froide pour être détectée par imagerie directe.»

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