Google Maps a permis de découvrir une cité perdue en Afrique du Sud

Google Maps est carrément doué pour révéler des sites inconnus à travers le monde. Le dernier cas en date se trouve en Afrique du Sud.

L’outil de cartographie de Google a en effet permis à des chercheurs de mettre au jour une ancienne ville perdue qui autrefois était une capitale florissante située à l’endroit où se trouve l’actuelle réserve naturelle de Suikerbosrand en Afrique du Sud.

Astuces Google Maps

Une ancienne ville prospère restée cachée sous la végétation

Ce n’est pas la première fois que Google Maps permet de faire une découverte importante en Afrique du Sud. L’année passée, des paléontologues avaient découvert grâce à Google Earth un fossile d’hominidé datant de 1,9 million d’années.

Baptisé Australopithèque sediba, cette nouvelle espèce d’hominidé avait été découverte à l’aide de Google Maps parmi près de 500 grottes et dépôts de fossiles non identifiés jusqu’alors. Cette fois-ci, c’est une ancienne ville, appelée Kweneng, que l’outil de cartographie a aidé à découvrir.

Selon Karim Sadr, professeur d’archéologie à l’Université de Witwatersrand, en Afrique du Sud, Kweneng était une capitale florissante qui a existé des années 1400 jusqu’aux années 1820, où elle a été détruite et abandonnée probablement à cause des guerres civiles de cette époque. Toutefois, certaines des structures restantes de l’ancienne cité datent d’entre 1825 et 1875, ce qui laisse penser que la ville a peut être subsisté un peu plus longtemps.

Les chercheurs connaissent l’existence de Kweneng depuis au moins les années 1960, mais c’est seulement maintenant qu’ils découvrent sa véritable superficie. Déjà en 1968, lors d’une exploration aérienne du site, Revil Mason, directeur de la recherche archéologique à la retraite de l’Université de Witwatersrand, y avait découvert des structures précoloniales. « Il a repéré un certain nombre de ruines, mais beaucoup moins que ce qui est réellement présent », affirme Sadr.

La ville, cachée sous une épaisse couche de végétation, est difficile à évaluer. Mais en 2012, grâce à des images satellites de Google Earth, Sadr a pu analyser le site et a découvert que Kweneng avait deux fois plus de structures que ce qu’on pensait. Sadr et ses collègues ont par la suite effectué un nouveau survol aérien du site en se servant cette fois de la technologie de télédétection par laser ou lidar. Ce qui leur a permis de découvrir qu’il « existe en réalité trois fois plus de structures que Mason avait initialement identifiées », a déclaré Sadr.

Une ancienne ville qui aurait compté jusqu’à 10 000 habitants

Les résultats du lidar ont révélé que Kweneng comptait plus d’anciennes structures aux murs de pierre qu’on ne le soupçonnait.

Sadr et ses collègues  en ont compté environ 800 à 900 au total. En partant du principe que chacune de ces structures aurait pu héberger de nombreuses familles, ils ont estimé la population de la ville à entre 5 000 et 10 000 personnes au moment de son apogée en 1820. Les chercheurs se sont appuyés sur le « style architectural caractéristique » des structures pour les dater. Un type d’architecture qu’on retrouve également dans d’autres villes africaines historiques à l’ouest de Kweneng.

Les chercheurs pensent par ailleurs que Kweneng était habitée par les Tswana, un groupe de personnes qu’on trouve encore en Afrique du Sud, au Botswana et dans les régions voisines. « C’est la plus grande des capitales précoloniales des Tswana que nous connaissions à ce jour », a déclaré Sadr.