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Google Maps et l’histoire de l’avion englouti au large des côtes écossaises

Google Maps fait la une de tous les tabloïds anglo-saxons depuis quelques heures, après la découverte d’une supposée carcasse d’avion immergée au large des côtes écossaises. Certains internautes crient bien entendu au complot et accusent même le gouvernement britannique de cacher une catastrophe aérienne. Comme souvent, la vérité est ailleurs.

Robert Morton, un Écossais de 55 ans, est à l’origine de l’étrange découverte. Il était en train de survoler Édimbourg à l’aide de Google Maps lorsque son regard a été attiré par une forme blanche située à environ cinq cents mètres au large des côtes.

Intrigué, il a zoomé sur l’objet et il a alors eu la surprise de se retrouver face à la silhouette d’un avion donnant l’impression de reposer au fond de l’eau.

Avion Google Maps

Effaré par la découverte, il a alors pris soin de contacter plusieurs tabloïds anglo-saxons pour leur faire part de sa découverte. Plusieurs articles ont été publiés dans la foulée et l’affaire a également été reprise par plusieurs groupes complotistes sur les réseaux sociaux, avec des théories toutes plus invraisemblables les unes que les autres.

Un avion écrasé au large des côtes écossaises repéré sur Google Maps ?

Il suffit néanmoins de prendre le temps de creuser le sujet pour réaliser que toute cette affaire n’est qu’une vaste plaisanterie.

Un avion de ligne se déplace habituellement à une vitesse moyenne comprise entre 810 et 920 km/h en vitesse de croisière. Au décollage, elle tourne autour des 250 km/h. Tout dépend de l’angle, bien sûr, mais un avion touchant l’eau à une telle vitesse a peu de chances de rester intact.

Or l’avion « découvert » sur Google Maps ne semble pas présenter la moindre trace de dégât.

Là, certains d’entre vous me citeront sans doute l’incroyable exploit réalisé par le commandant Sullenberg en 2009. Ce dernier avait en effet réussi à poser son avion sur le fleuve Hudson et la manœuvre avait permis de sauver tous les passagers présents à son bord. L’histoire a d’ailleurs été adaptée au cinéma en 2016 par Clint Eastwood.

Google Earth

Parfois, il suffit d’une ombre pour tout remettre en perspective.

Une histoire d’ombre portée

C’est là que les choses deviennent intéressantes, justement. Car si vous vous rendez aux mêmes coordonnées sur Google Earth (l’application), alors vous trouverez une image plus détaillée de l’avion… et de l’ombre projetée en dessous de lui. La fameuse épave retrouvée par cet Écossais n’en est pas réellement une.

En réalité, l’avion était en vol lorsqu’il a été photographié par les satellites présents dans la zone.

Mais comment est-ce possible ? En réalité, c’est assez simple. Les vues aériennes utilisées par Google Maps proviennent de plusieurs fournisseurs différents et elles sont ensuite assemblées par le truchement de puissants algorithmes de modélisation.

La plupart du temps, tout fonctionne très bien, mais il arrive parfois qu’un bug se présente.

Lac harriet

Décidément, les avions sous-marins ne manquent pas sur Google Maps.

Un bug relativement courant

Dans ce cas précis, l’algorithme a semble-t-il mal évalué la profondeur de champ et donc l’altitude de l’avion photographié. Plutôt que de le placer au-dessus de l’eau, il l’a donc intégré sous la surface de la mer.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Google Maps commet une telle bévue et une histoire similaire s’était ainsi produite en 2016. Un internaute avait en effet repéré la silhouette d’un avion de ligne au fond du lac Harriet, non loin de Minneapolis. Encore une fois, l’info avait fait le tour du monde et l’histoire avait été reprise par de nombreux médias.

Le plus fou, c’est qu’à l’époque, même les autorités locales avaient cru à un crash et une enquête avait ainsi été ouverte. Google avait fini par clarifier les choses en évoquant un bug et en expliquant que la silhouette en question venait en réalité d’une des images utilisées pour générer la carte.

Une carte qui n’a d’ailleurs toujours pas été corrigée.

Il faut d’ailleurs signaler que ce genre de bugs se produit souvent sur Street View et donne parfois lieu à des scènes totalement grotesques.

Fred

Floodeur compulsif, est très actif sur Twitter ou encore sur Facebook. Sachez en outre que la Fredzone a une page sur Google+.