Google ne bloquera pas les sites facilitant le téléchargement illégal de fichiers

Cela fait déjà un moment que l’on entend parler de dispositifs destinés à forcer les moteurs de recherche à filtrer leurs résultats pour bloquer les sites facilitant le téléchargement illégal de fichiers. Aux Etats-Unis, une proposition de loi va même plus loin en permettant au gouvernement d’ordonner le blocage de ces sites selon son bon vouloir. Eric Schmidt a profité de la conférence Big Tent sur la vie privée à Londres pour s’exprimer sur le sujet : Google ne bloquera pas ces sites, y compris si cette proposition de loi est votée.

Dans les années 90, tout le monde se foutait éperdument du web, y compris nos politiciens. Faut dire aussi que nous n’étions pas très nombreux à l’époque et même que nous passions pour des illuminés auprès de la plupart des gens. Depuis, tout a changé, la technologie s’est démocratisée et la toile est finalement devenue peu à peu un outil et un média comme un autre. Bien sûr, c’est une bonne chose parce que des millions de personnes ont désormais la possibilité de s’instruire et de s’informer facilement mais c’est aussi ce qui pousse de plus en plus nos députés, nos ministres et nos présidents à légiférer sur la question et à nous pondre des lois aussi débiles que dangereuses.

La dernière idée en date de ces grandes têtes pensantes, c’est de chercher à contrôler nos moteurs de recherche en se réfugiant derrière l’étendard de nos amis les ayants-droit. En France, nous en avons déjà payé le prix avec les dispositifs Hadopi et Loopsi et cette fois ce sont nos camarades anglais et américains qui doivent faire face à des projets de loi particulièrement bancals et même un poil pernicieux. Des projets de loi qui visent à donner le pouvoir aux gouvernements de faire disparaître certains sites des index des moteurs de recherche d’un coup de baguette magique.

Ces Voldemort de la politique se sont en effet rendus compte que certains sites étrangers distribuaient des contenus illicites. Ce n’est pas nouveau, pas mal de webmestres ont d’ailleurs été inquiétés pour ces raisons précises mais cette fois ce sont les moteurs de recherche qui sont leur cible. Car en effet, selon eux, le problème ce n’est pas seulement que ces sites existent, non c’est aussi qu’il est possible de les trouver facilement grâce à des moteurs comme Google.

Alors forcément, on attendait une réaction du géant de la recherche et Eric Schmidt s’est justement exprimé sur la question lors de la conférence Big Tent sur la vie privée à Londres. Son point de vue est sans appel : « S’il y a une loi qui exige le blocage DNS et qu’elle est votée par les deux chambres du Congrès et signée par le Président des Etats-Unis et que nous sommes en désaccord avec ça, alors nous continuerons de nous battre. » Ce qui veut tout simplement dire que Google ne compte pas se laisser faire et que la firme est même prête à lâcher sa horde d’avocats s’il le faut.

Inutile de préciser que la réaction de la MPAA et de la RIAA ne s’est pas faite attendre. Selon elles, Google est actuellement en train de revenir sur les engagements pris par la firme en 2010. Et d’ajouter, bien sûr, qu’elle n’a pas à se croire au-dessus des lois américaines. Finalement, avec cette histoire, on comprend pourquoi Google a eu énormément de mal à négocier avec les maisons de disque pour son service Google Music. Et mine de rien, les déclarations d’Eric Schmidt font quand même du bien à entendre.

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