Gossip mis en demeure par la CNIL pour des cas de harcèlement

Une réputation est très longue à construire et très rapide à détruire. Telle est la leçon que l’on pourrait tirer de l’affaire qui touche Gossip, « les potins anonymes« . L’application a été sévèrement remise en place par la CNIL pour non respect des lois informatique et libertés, ainsi que pour son rôle dans des cas de calomnies et de harcèlement avérés, notamment chez des mineurs.

Disponible depuis mai 2015 sur iOS et Android, l’appli repose sur un principe simple, qui a grandement contribué à son succès : la possibilité d’émettre des rumeurs (sous forme de texte, d’image, ou de vidéo) et ce de manière totalement anonyme.

L’application Gossip a été sévèrement mise en demeure par la CNIL, pour différents cas de harcèlement

La Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) a donc adopté une mesure de mise en demeure à l’encontre de la société W.M.G, responsable de Gossip – l’application propagatrice de rumeurs et potins – comme il est possible de le lire au travers d’un communiqué publié vendredi sur leur site.

« Non-respect de la vie privée et des libertés individuelles »

L’application – de par son principe même – ne respecte « aucun des critères » de la loi en matière de respect de la vie privée et des libertés individuelles, comme ont pu le constater les enquêteurs de la commission au cours de leur enquête chez W.M.G.

Des « gossips » du type « [prénom] a 10 ans mais a déjà le VIH » ou encore « [prénom et nom de famille] 14 ans alcoolique (…) » ont ainsi été véhiculés à l’aide du service. Ces commérages touchent, comme il est ici possible de le constater, des personnes mineures. Un problème d’autant plus préoccupant si l’on prend en compte les problématiques de harcèlement scolaire, mises en avant par les médias et les services publics ces derniers mois.

La CNIL met par ailleurs en évidence que l’application est conçue pour propager des rumeurs sur le réseau de contact des personnes ciblées, que ces dernières soient utilisatrices ou non de Gossip.

W.M.G a du souci à se faire

Alors que la CNIL préfère souvent la pédagogie à la répression, la commission a dans le cas présent préféré sévir en mettant en demeure la société, et en adressant une lettre au procureur de la République, ce qui est suffisamment rare pour être mentionné.

Difficile d’envisager une fin heureuse pour Gossip, puisque « l’intérêt » du service repose essentiellement sur des fonctionnalités opposées aux textes de lois. W.M.G devra toutefois se mettre en conformité ou subir une procédure de sanction en bonne et due forme.

Mots-clés cnilgossip