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Grâce à Google Earth, nous en savons plus sur l’Antarctique

Google Earth ne passionne pas uniquement les curieux et les bourlingueurs virtuels. L’outil a également trouvé sa place au sein de la communauté scientifique et plusieurs chercheurs ont ainsi utilisé la solution afin de mieux déterminer l’impact des activités humaines sur l’Antarctique.

Le Continent Blanc se trouve autour du pôle sud de notre planète et il s’étire sur un peu plus de quatorze millions de kilomètres carrés.

Lac subglaciaire

Un nouveau lac subglaciaire a été découvert en Antarctique.

Si l’Antarctique a longtemps été considéré comme un endroit hostile à toute forme de vie, les études menées ces dernières décennies ont remis en question tout ce que nous pensions savoir à son sujet.

L’Antarctique, un endroit pas si vide que cela

Le Continent Blanc abrite en effet de nombreuses formes de vie différentes, comme des manchots, des phoques, des crustacés ou même des mousses et des algues. Il existe également de gigantesques lacs sous-terrain sous la banquise et certains d’entre eux abritent même des organismes microbiens, des organismes suffisamment résistants pour survivre dans les conditions les plus extrêmes.

Mais cette grande étendue de glace ne compte pas que des animaux parmi ses habitants. Plusieurs centres de recherche ont en effet été construits sur place et il arrive ainsi fréquemment que des scientifiques fassent le déplacement sur place pour mener leurs recherches.

En réalité, d’après les relevés les plus récents, l’Antarctique accueillerait en moyenne entre 1000 et 5000 personnes chaque année.

Jusqu’à présent, aucune étude ne s’était réellement intéressée à l’impact de l’activité humaine sur cette gigantesque étendue glacée. Cela vient cependant de changer.

Shaun Brooks, Dana Bergstrom, John van den Hoff et Julia Jabour ont en effet eu l’occasion de se pencher sur cette délicate question et ils ont publié ce matin le fruit de leur étude dans la revue Nature Sustainability.

Google Earth utilisé pour mieux déterminer l’impact de l’activité humaine sur l’Antarctique

Pour déterminer l’activité humaine sur le continent, les chercheurs ont fait appel à l’imagerie par satellite, mais aussi et surtout à Google Earth.

La solution de cartographie de Google leur a en effet permis d’étendre drastiquement la couverture de leur étude et d’obtenir des images mieux définies de l’Antarctique. Ensuite, les chercheurs ont observé attentivement chaque carte et chaque vue afin de repérer des traces d’activité humaine.

L’ensemble des données a ensuite été compilé afin d’obtenir une vue globale des infrastructures présentes sur le continent.

D’après leurs conclusions, les bâtiments présents sur le continent s’étendraient à un peu plus de 390 000 mètres carrés. Les scientifiques ne se sont cependant pas limités à ces infrastructures et ils ont également cherché à déterminer la surface de terrain ayant subi des changements pour chaque habitant vivant sur place. Ce chiffre est à prendre avec prudence, mais les chercheurs ont déterminé que chaque habitant a un impact direct sur environ 1100 mètres carrés de terrain.

Par terrain perturbé, il faut entendre des routes, des pistes d’atterrissage ou même des carrières.

Une présence peu marquée, mais un impact certain sur les oiseaux et manchots

Alors bien sûr, l’activité humaine ne représente qu’une infime portion de la surface du continent, mais les chercheurs ont déterminé que les perturbations causées par l’activité humaine s’étendaient à plus de la moitié des zones de glace située sur la côte.

Ce qui pose bien entendu problème puisque ces zones sont également fréquentées par les animaux vivant ou faisant escale sur place, comme les manchots ou même les oiseaux de mer.

En conséquence, les chercheurs appellent à un peu plus de prudence.

L’Antarctique se développe de plus en plus et de nombreuses nations ont ainsi prévu de construire des bases de recherche sur place dans ces prochaines années. Or si l’on en croit les résultats de cette étude, l’activité humaine peut présenter un danger pour les espèces animales vivant là-bas.

Il est donc indispensable d’entamer un processus de concertation afin d’éviter que le développement de ces activités n’ait de conséquences néfastes sur les populations d’oiseaux et de manchots habitant sur place.

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