Harrison Schmitt, l’astronaute qui est devenu allergique à la poussière lunaire

L’astronaute de la NASA Harrison Schmitt est le dernier homme à avoir marché sur la Lune. Âgé de 84 ans aujourd’hui, il faisait partie de la mission Apollo 17 et a atterri sur la surface lunaire le 11 décembre 1972.

Mais le voyage spatial de Schmitt n’a pas été que des moments de bonheur, car l’astronaute a souffert d’une réaction allergique à la poussière lunaire. Schmitt a raconté son expérience lunaire lors du Festival Starmus qui s’est tenu à Zurich, en Suisse, le mois dernier, et il a averti que d’autres futurs visiteurs pourraient eux aussi être allergique à la poussière lunaire.

JAXA Lune

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Quand la poussière lunaire provoque une congestion nasale

Schmitt a fait partie de la mission Apollo 17 en tant que géologue en charge notamment de collecter des échantillons de la Lune, y compris de la fameuse Troctolite 76535, qui selon la NASA est « sans doute l’échantillon le plus intéressant qui soit revenu de la Lune ». Alors qu’ils étaient sur la Lune, de la poussière s’est collée aux combinaisons, aux bottes et aux outils de Schmitt et de son collègue astronaute Eugene Cernan, puis a été transportée dans le module lunaire. Et alors que Schmitt retirait sa combinaison, il a été soudain pris d’une congestion nasale.

« La première fois que j’ai respiré la poussière, j’ai eu une réaction allergique, l’intérieur de mon nez s’est enflé, on pouvait s’en rendre compte par ma voix. Mais le mal a peu à peu disparu et, la quatrième fois que j’ai respiré la poussière lunaire, ce n’est plus réapparu. Après notre atterrissage, alors qu’un agent de santé retirait les combinaisons du module de commande d’Apollo 17, il a eu une telle réaction qu’il a dû arrêter de faire ce qu’il faisait. », a déclaré Schmitt.

Schmitt pense qu’il devrait y avoir une meilleure compréhension de la façon dont les gens réagissent à la poussière lunaire. Et cela d’autant plus que la NASA a récemment annoncé la première mission habitée vers la Lune depuis l’arrêt de la mission Apollo. Baptisée Artemis, la mission permettra d’envoyer des astronautes à la surface de la Lune d’ici 2024, y compris la toute première femme.

« Pour certaines personnes, il faudra déterminer si elles vont avoir une réaction en cas d’exposition prolongée à la poussière lunaire », a déclaré Schmitt.

Futurs voyageurs sur la Lune, gare à la poussière lunaire !

Ce n’est pas la première fois que Schmitt parle de son allergie à la poussière lunaire. Dans une interview accordée à Wired en 2005, il avait déclaré : « La poussière est le problème environnemental No. 1 sur la Lune. Nous devons comprendre quels sont les effets [biologiques], car il est toujours possible que l’ingénierie soit défaillante. »

S’adressant à NPR deux ans plus tard, il avait déclaré: « Il s’agit d’une poussière unique. Ce n’est pas comme la poussière que nous essayons de retirer de nos maisons. Je ne savais pas que j’aurais une rhinite allergique liée à la poussière lunaire. »

La question des risques de santé liés à la respiration de la poussière lunaire préoccupe de plus en plus les scientifiques. Une équipe de spécialistes s’est récemment penchée sur la question et a découvert qu’une exposition prolongée à cette poussière pouvait être préjudiciable aux astronautes participant à des missions de longue durée. Ils ont notamment découvert que la poussière lunaire causait la mort des cellules et l’endommagement de l’ADN des cellules pulmonaires. Les résultats de leur étude ont été publiés dans le journal GeoHealth.

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