HAT-P-7b, la planète aux nuages de rubis

HAT-P-7b n’est clairement pas une planète comme les autres. Elle a en effet une particularité très intéressante, une particularité qui la rend totalement unique : ses nuages sont faits de corindon et donc du même minéral que celui que l’on retrouve dans les rubis et dans les saphirs.

Le corindon a été évoqué pour la première fois en 1725 par le minéralogiste britannique John Woodward. Il ne portait cependant pas ce nom à l’époque et il était ainsi désigné par le terme corinvindum.

HAT-P-7b

HAT-P-7b n’est clairement pas une planète comme les autres.

Cette espèce minérale est assez complexe et elle se compose ainsi d’alumine anhydre cristallisée avec des traces de fer, de titane, de manganèse, de chrome, de nickel, de vanadium et de silicium.

Le corindon a été découvert en 1725

Le corindon regroupe différentes variétés. Le rubis et le saphir en font partie, mais ce ne sont pas les seuls. Ce minéral a aussi une autre particularité intéressante : il offre une dureté de 9 sur l’échelle de Mohs et cela fait de lui le second minéral naturel le plus dur après le diamant.

Il est populaire chez les bijoutiers, bien sûr, mais pas seulement. Dans l’Antiquité, ce minéral était en effet utilisé comme pierre à affûter et même dans de nombreuses meules différentes. Les horlogers en sont aussi très friands. Certains fabricants l’utilisent en effet pour créer les engrenages de leurs montres.

HAT-P-7b, elle, est une géante gazeuse cinq cents fois plus massive que la Terre et elle est située à environ 1 000 années-lumière de notre planète. Elle fascine les astronomes depuis plusieurs années maintenant et David Armstrong, un membre du groupe d’astrophysique de l’Université de Warwick, lui a même dédié sa dernière étude.

Avec son équipe, il a ainsi analysé toutes les données collectées par le télescope spatial de Kepler afin de dresser son profil météorologique.

En compilant ces informations, les chercheurs ont obtenu un portrait-robot assez précis de cette planète pas comme les autres.

Tout comme Jupiter, HAT-P-7b vient donc se ranger dans la famille des géantes gazeuses, avec une différence notable : elle est extrêmement proche de son étoile. Conséquence directe, la planète est constamment ravagée par des tempêtes formées par des vents extrêmement violents, avec des températures pouvant atteindre dans certains cas les 2 500 °C. Impressionnant, et ce n’est pas fini, car la planète présente toujours la même face à son étoile.

Une géante gazeuse bien trop proche de son étoile

Mais ce n’est pas le plus intéressant. En observant attentivement les données collectées par Kepler, Armstrong et son équipe ont pu distinguer des points lumineux changeants dans son atmosphère.

Toujours en s’appuyant sur les données du télescope, les scientifiques ont fini par déterminer que les nuages de la planète contenaient du corindon. Il est cependant inutile de vous rendre sur place pour vous remplir les poches, car le minéral ne se présente pas sous la même forme que sur notre planète.

La planète est en effet bien trop chaude pour qu’il puisse former des pierres précieuses.

En réalité, Armstrong pense que la planète se compose essentiellement de gigantesques nuages en mouvement perpétuel, des nuages glissant progressivement vers la face exposée de la planète pour s’évaporer ensuite à travers l’espace.

Il ne compte cependant pas en rester là et il a bien l’intention de poursuivre ses analyses afin de mieux comprendre la météorologie de la planète. Il pense en effet que ses observations permettront aux chercheurs de mieux comprendre les processus climatiques des exoplanètes des systèmes situés autour du nôtre.

En attendant, son étude a été publiée chez la revue Nature.