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[IFA 2018] Premier contact avec le Sony Xperia XZ3 : vers un nouveau flagship perfectible ?

Annoncé jeudi lors de la conférence de Sony à l’IFA 2018, le Xperia XZ3 arrive quelques mois seulement après le Xperia XZ2, présenté pour sa part lors du MWC en février dernier. Premier smartphone de la marque à adopter le format 18:9, l’appareil n’était toutefois pas parvenu à faire l’unanimité, la faute à une qualité photo en dent de scie ainsi qu’à un design souvent jugé passable.

En cette fin d’été le constructeur nippon revient malgré tout à la charge… et avec de nouveaux arguments, dont l’ajout d’une dalle OLED certifiée HDR10 et celui de l’évolution (légère) du design adopté dans la douleur en début d’année. Ne nous le cachons pas, en termes de look, l’appareil reprend en grande partie les lignes de son père spirituel, le XZ2. Enfin à quelques exceptions près, il est vrai.

Annoncé jeudi, à Berlin, le Xperia XZ3 de Sony arrivera sur le marché avant la fin d’année à un tarif de 799 euros. Nous avons pu prendre en main l’appareil pendant quelques minutes sur le stand Sony à l’IFA.

C’est au cours de nos pérégrinations dans les couloirs labyrinthiques et les nombreux stands de l’IFA 2018 que nous sommes finalement tombés (mais pas tout à fait par hasard) sur le bougre. Une idylle quasi divine devait alors poindre, avant d’être subitement balayée par les prestations finalement très modestes du capteur unique de l’appareil. Doué pour la conception de modules photo au niveau hardware, Sony semble une nouvelle fois dans l’embarras lorsqu’il s’agit d’exploiter correctement sa propre création sur le plan logiciel.

Un écran sublime, des performances solides… mais une partie photo (à priori) chancelante

Pour rappel, le Xperia XZ3 embarque :

  • Une dalle OLED QHD+ (1140 par 2880 pixels) de 6 pouces, certifié HDR10
  • Un Snapdragon 845
  • 4 Go de mémoire vive et 64 Go de stockage extensibles via Micro SD
  • Une batterie 3330 mAh compatible Quick Charge 3.0
  • Un capteur photo dorsal de 19 Mpx ouvrant à f/2.0

Gros point fort du XZ3 : son écran OLED. La dalle concoctée par Japan Display pour le compte de Sony est de haute volée et parvient à flatter la rétine dès les premiers instants. Entre les noirs infinis propres à la technologie OLED, des couleurs vibrantes, et une luminosité maximale élevée, l’écran du terminal ne souffre d’aucun défaut à première vue. Le premier contact, visuel, avec le mobile se passe donc dans d’excellentes conditions et cette très bonne première impression se confirme lorsqu’on prend en main le XZ3.

Sony a visiblement passé pas mal de temps à étudier l’ergonomie de son nouveau smartphone et à la peaufiner par rapport au modèle précédent. Du moins c’est ce que l’on ressent, même si tout n’est pas parfait. Tout d’abord, le constructeur nippon a fait le choix du verre. Ce n’est pas une mauvaise idée sur le papier, mais combiné au dos arrondi du terminal, l’ensemble s’avère assez glissant en plus d’être incroyablement salissant. Les photos sont d’ailleurs là pour le prouver, le XZ3 est un aspirateur à traces de doigts. Si le téléphone vous intéresse, n’espérez pas le garder propre plus de 10 minutes…

Ceci étant dit l’assemblage est incroyablement soigné et la préhension globale du mobile est bonne puisqu’il épouse bien la paume. Nous l’avons d’ailleurs trouvé assez facile à utiliser à une main. On regrette en revanche que Sony ait décidé « d’éparpiller » les touches physiques du terminal  sur sa tranche droite plutôt que de les rassembler à portée de pouce. Les boutons de volume sont ainsi situés trop haut et la touche de mise sous tension / verrouillage un peu trop bas, ce qui ne rend pas son utilisation intuitive.

En termes de design pur, Sony nous propose une évolution discrète, mais efficace du XZ2. Les lignes du XZ3 sont donc un peu plus douces, moins franches que celle de son prédécesseur. Par ailleurs, les bordures latérales de l’appareil ont été largement affinées. Combiné à un écran OLED dont les bords sont très légèrement arrondis, le XZ3 prend de faux airs du Galaxy S9. Le petit ravalement de façade opéré par Sony fonctionne donc plutôt bien, même si les bordures supérieures et inférieures de l’écran sont toujours trop larges.

Nous sommes cependant moins emballés par le dos du terminal. Assez quelconque, il s’avère également cyclopéen avec ce capteur unique positionné en plein milieu de la face arrière. Le parti pris de Sony est audacieux, mais ne plaira – une fois de plus – pas à tout le monde.

Côté performances, le XZ3 risque par contre de se positionner à nouveau comme l’un des smartphones les plus véloces du marché grâce à la fureur du Snapdragon 845. On regrette simplement que Sony n’ait pas greffé à son appareil un peu plus de mémoire vive. En 2018, ses 4 Go de RAM pourraient être un peu justes.

Mais revenons au dos du terminal, et plus particulièrement à son capteur dorsal. S’il faudra naturellement voir en test – et dans des situations de luminosité variées – ce que donne l’APN de Sony, on dira pour l’heure que la marque pédale toujours dans la semoule. Le rendu manque de netteté malgré une quantité de pixels déjà respectable. La restitution des couleurs manque de peps et l’ensemble fait pâle figure en comparaison de certains modèles de la concurrence vendus au même prix et même à un tarif inférieur dans certains cas. Pour parler franchement, la photo sur le XZ3 fait très « milieu de gamme ».

Clairement, pour s’imposer Sony ferait bien d’apprendre enfin à dompter ses capteurs photo. Avec une partie photo plus soignée, le Xperia XZ3 aurait pu faire mal à Samsung et Huawei, malgré ses nombreux partis pris esthétiques. Selon nous, l’outsider que Sony aimerait devenir sur le marché du smartphone n’est malheureusement pas encore arrivé à un niveau maîtrise suffisant (du moins dans certains domaines) pour parvenir à faire une vraie différence. Et c’est fort dommage.

À titre de mémo, rappelons que le Xperia XZ3 sera lancé en France sous Android 9.0 Pie, avant la fin de l’année, et à un tarif de 799 euros. Nous ne manquerons pas de vous communiquer plus de détails sur le créneau de lancement de l’appareil lorsque Sony aura donné des précisions en ce qui concerne l’Hexagone.

Nathan

Breton (presque) pure souche, Nathan est un nerd mordu d'Histoire avec un grand H et de Rock avec un grand R. Selon lui, en matière de musique, plus c'est vieux... mieux c'est.