Il nous reste trois ans pour sauver la Terre

La Terre ne se porte pas bien et c’est ce qui ressort de la dernière intervention de Christiana Figueres et de son équipe de chercheurs. D’après eux, il nous reste très exactement trois ans pour éviter un désastre climatique et sauver du même coup notre planète.

Née au Costa Rica en 1956, Christiana Figueres est à la fois une diplomate et une économiste.

Sauver Terre

Elle se passionne depuis de longues années pour le changement climatique et elle a été la première politicienne à militer pour que l’Amérique Latine soutienne la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC).

La Terre ne se porte pas bien

En 2010, l’organisme a choisi de la nommer secrétaire exécutive et elle a occupé ce poste pendant six ans.

Experte reconnue et appréciée, elle donne souvent des conférences portant sur les politiques climatiques, mais également sur les négociations menées par les gouvernements. Elle a notamment travaillé avec l’Université de Yale ou encore l’Université de Georgetown tout en animant différents colloques.

Christiana Figueres fait bien évidemment partie des personnes à soutenir l’accord de Paris sur le climat et elle a récemment pris la plume avec son équipe afin d’alerter les instances gouvernementales sur les dangers encourus par notre planète, le tout au travers d’un article publié dans la revue Nature.

Selon l’équipe, l’humanité ne peut plus se permettre de tirer sur la corde comme elle l’a longtemps fait et elle doit ainsi utiliser les trois années à venir pour entamer une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre. Si elle ne le fait pas, alors elle ne sera pas en mesure de maintenir le réchauffement climatique sous la limite des 2 °C fixée par l’accord de Paris.

Les chercheurs estiment qu’un tel échec pourrait avoir des conséquences dramatiques et déboucher ainsi sur un véritable désastre climatique.

Il est impératif de réduire les émissions carbone

Bien sûr, Christiana et son équipe ne nient pas les nombreux efforts consentis par les gouvernements et les industries, des efforts qui ont conduit à la stabilisation des émissions mondiales de CO2 à environ 41 gigatonnes par an, mais ils estiment aussi que ce n’est pas encore suffisant.

En réalité, si l’humanité poursuit à ce rythme, alors elle risque de consommer son budget carbone en l’espace de vingt ans maximum.

Pour les chercheurs, il est donc nécessaire d’accentuer nos efforts et de suivre un certain nombre d’étapes pour éviter une dégradation des conditions climatiques mondiales.

Les énergies renouvelables, pour commencer, devront fournir 30 % de l’électricité mondiale avant 2020. Il faudra également mettre un terme à l’ouverture des centrales à charbon à partir de cette date. Il est également impératif de décarboner les immeubles, cette fois d’ici 2050.

Du côté des transports, les véhicules électriques devront composer 15 % du parc automobile mondial. Il faudra également doubler les transports en commun dans les villes et passer à 20 % le rendement du carburant des poids lourds tout en diminuant de 20 % les émissions de gaz par kilomètre parcouru par les avions.

Trois ans pour agir

L’humanité doit également protéger ses forêts et accentuer ses efforts en matière de reforestation. Le rapport recommande également des changements de fond sur le secteur de l’agriculture afin de préserver autant que possible la qualité des sols.

La tâche s’annonce donc ardue, mais le groupe reste optimiste. Selon lui, l’humanité peut encore redresser la barre et sauver sa planète.

En outre, il pense que l’économie peut être un moteur de ce changement. Les entreprises vertes se sont considérablement développées ces dernières années et leur existence prouve qu’il existe un réel marché pour le développement durable.

Ces actions pourraient donc donner un nouvel élan à l’économie mondiale.

Leur article peut sembler alarmiste, c’est un fait, mais il repose sur des calculs précis effectués à partir d’évaluations réelles faites sur le terrain. Plusieurs simulations ont ensuite été faites et elles ont toutes  révélé qu’il était impératif de maintenir les émissions carbone sous le seuil fatidique des 150 gigatonnes pour rester en dessous des 1,5 °C.

En conservant le rythme actuel, on dépasserait donc cette limite avant quatre ans et l’accord de Paris se retrouverait donc dans le rouge.