Il n’y aurait finalement pas d’extra-terrestres autour de KIC 8462852

KIC 8462852 est un des systèmes les plus en vus en ce moment et cela n’a rien de surprenant car Kepler a détecté d’étranges variations lumineuses au niveau de son étoile l’année dernière. De folles théories ont très vite commencé à circuler et certains astronomes ont ainsi commencé à dire que ces variations étaient peut-être causées par une structure extra-terrestre placée en orbite.

Kepler est un télescope spatial assez particulier. Il a en effet pour mission de détecter les exoplanètes et donc les planètes situées en dehors du système solaire.

KIC

Sommes-nous seuls dans l’univers ? Pas sûr.

Il a fait de nombreuses découvertes au fil de ces dernières années et la NASA a d’ailleurs tenu une conférence de presse la semaine dernière pour annoncer que le télescope avait débusqué 1 284 nouvelles exoplanètes, dont neuf situées en zone habitable.

Kepler a découvert des centaines d’exoplanètes depuis sa mise en fonctionnement

Pour détecter ces planètes, Kepler s’appuie sur un photomètre surveillant en permanence la brillance de 145 000 étoiles situées dans la Voie Lactée. Il consigne chaque obscurcissement dans sa base de données et ces informations sont ensuite transmises aux équipes au sol.

Pourquoi s’intéresser à la luminance des étoiles ? Tout simplement parce que les planètes tournent en orbite autour de leur étoile. Chaque passage provoque donc une variation de sa luminosité et leur régularité permet d’identifier à coup sûr les exoplanètes situées dans le système.

La plupart de ces données sont rendues publiques au travers d’une plateforme du nom de Planet Hunters. Une plateforme fréquentée par les astronomes et par toutes les personnes s’intéressant de près ou de loin à ce qui se passe au dessus de leur tête.

En analysant ces fameuses données, des internautes ont détecté un comportement étrange au niveau de KIC 8462852, un système situé à environ 1 480 années-lumière de notre bonne vieille planète.

L’étoile présente dans ce système présente en effet une baisse ponctuelle de sa luminance sur une période oscillant entre cinq et quatre-vingt jours. Personne n’a été en mesure de fournir une explication cohérente à ce système et pas mal de gens ont commencé à évoquer la possible présence d’une structure extra-terrestre dans l’orbite de l’étoile.

La NASA a donc demandé à ses meilleurs experts d’ouvrir une enquête. En croisant les données collectées par Kepler avec celle d’un autre télescope du nom de Splitzer, ces derniers ont détecté plusieurs comètes situées dans le système et ils ont donc supposé qu’elles causaient ces étranges variations.

KIC 8462852 : le mystère reste entier

Bradley Shaefer, un chercheur de l’Université de Louisiane, a cependant relancé la machine au début de l’année en publiant un rapport très détaillé sur l’activité des comètes dans la zone.

En effectuant divers calculs, il a également indiqué que seul un essaim composé de 648 000 comètes faisant au moins 200 kilomètres de diamètre était capable de causer de telles variations.

Et tout le problème était là bien sûr car personne n’a jamais détecté un tel essaim. Résultat des courses, la rumeur de la structure extra-terrestre est revenue sur le devant de la scène.

Mais voilà, à présent, plusieurs chercheurs remettent en question les travaux et les calculs effectués par Shaefer. Michael Hippke, Daniel Angerhausen, Michael B. Lund, Joshua Pepper et Keivan G. Stassun ont en effet observé pendant plusieurs semaines d’autres étoiles situées dans d’autres systèmes et ils ont détecté les même variations ponctuelles.

Etrange, non ? Pas tant que ça. En réalité, ils pensent que ces variations sont causées par un changement de télescope intervenu au début des années 60. En outre, ils réfutent les calculs faits par leur collègue et ils estiment pour leur part qu’une trentaine de comètes (36 pour être exact) suffirait à causer un tel phénomène.

Maintenant, nous ne sommes évidemment pas à l’abri d’un nouveau revirement de situation.