Il pleut sur Titan, la lune de Saturne

Avec un diamètre 6% plus grand que celui de Mercure, Titan, aussi appelé Saturne VI, est le plus grand satellite naturel de Saturne. Titan est principalement composé de roche et d’eau gelée, avec une atmosphère épaisse composée à 98,4% de diazote et à 1,6% de méthane et d’éthane. Sur cette lune de Saturne les saisons durent environ sept ans, et l’année 2016 devait marquer le début de l’été dans son hémisphère nord.

Pourtant, l’été ne semblait pas arriver comme l’avaient prévu les scientifiques.

Extra-terrestres Saturne

Toutefois, de nouvelles images fournies par l’orbiteur Cassini montrent des preuves de pluies sur Titan, signe que l’été arrive enfin.

Un été qui arrive plus tard que prévu

Lorsque la mission Cassini-Huygens est arrivée sur Titan en 2004, elle a découvert des lacs d’hydrocarbures liquides dans les régions polaires du satellite, et elle a aussi découvert que c’était l’été dans l’hémisphère sud. La navette spatiale avait alors observé une couverture nuageuse et des précipitations sur cette moitié de Titan. Grâce aux données recueillies par Cassini, les astronomes ont pu développer des modèles climatiques de Titan qui prédisaient que des conditions météorologiques similaires seraient observées dans l’hémisphère nord avec le changement des saisons.

Selon les prévisions des astronomes, le solstice d’été dans le Nord devait avoir lieu en 2017, mais jusqu’en 2016, aucun nuage n’a été observé, au grand désarroi des scientifiques.

« Toute la communauté Titan attendait avec impatience les nuages ​​et les pluies sur le pôle nord de Titan, indiquant le début de l’été nordique, mais malgré les prévisions du modèle climatique, nous ne voyions même pas de nuages », a déclare Rajani Dhingra, auteur principal de la récente étude.

Une pluie de méthane liquide

Apparemment les nuages ​​ne sont pas le seul indicateur d’un changement de saison sur Titan. En effet, en observant une image prise par Cassini le 7 juin 2016, qui n’apparaissait pas dans les images prises lors des survols précédents ou ultérieurs, Dhingra et son équipe ont découvert une étrange anomalie.

Une grande partie de la surface de la lune (environ 120 000 km²) était soudainement devenue réfléchissante.

Cette réflectivité ressemblait beaucoup à l’effet de « trottoir humide » observé après une pluie. Sauf que sur Titan il ne pleut pas de l’eau, mais plutôt du méthane liquide. La forme de la réflexion observée par l’équipe laisse supposer par ailleurs que la pluie est tombée sur un terrain caillouteux et accidenté plutôt que sur une surface lisse, ce qui aurait laissé un point de réflexion plus circulaire.

L’été est enfin là dans le nord de Titan

Même si les prévisions des scientifiques ont été un peu faussées, tout porte à croire que l’été arrive enfin dans le nord de Titan. La prochaine étape pour les scientifiques est de déterminer la ou les causes de ce retard, ce qui demandera probablement de revoir les modèles climatiques établis.

« Nous voulons que les prévisions de notre modèle correspondent à nos observations », a déclaré Dhingra. « Cette détection de précipitations est la preuve que le climat de Titan suit les modèles climatiques théoriques que nous connaissons. L’été arrive. Il est en retard, mais il arrive. Reste maintenant à déterminer la cause du retard. »

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