Il serait possible de sauver une partie de l’Antarctique… avec de la fausse neige

La fonte des glaces qui a lieu en Antarctique est un phénomène alarmant. Selon une étude réalisée en mai dernier, les chutes de neige ne suffisent plus pour combler la fonte des glaciers de l’ouest du continent. Si le glacier de l’île du Pin et celui de Thwaites fondent totalement, le niveau de la mer pourrait s’élever de trois mètres de haut.

Par conséquent, les scientifiques envisagent les différentes alternatives qui pourraient résoudre le problème.

Lac subglaciaire

Crédits Pixabay

Il existe une idée toute neuve, issue d’une nouvelle étude, qui consiste à compenser la fonte la calotte polaire de l’Antarctique occidental (inlandsis Ouest-Antarctique) en y déversant 7 400 milliards de tonnes de neige artificielle. Cette dernière serait créée à partir de l’excédent d’eau de mer causée par le phénomène.

Le document a été publié le 17 juillet 2019 dans la revue Sciences Advances.

Une possibilité de stabiliser les deux glaciers

« Nous étudions la possibilité de stabiliser les deux glaciers [NDLR Le glacier de l’île du Pin et le glacier de Thwaites] en pompant de l’eau de mer sur la zone critique », ont écrit les auteurs de la nouvelle étude. Il s’agirait d’« imiter le type de précipitation qui se produit naturellement sur la majeure partie de la calotte ».

Ils ont réalisé une simulation informatique pour tester l’efficacité de l’alternative. Le modèle a démontré que l’effondrement pourrait être évité dans le cas où environ dix mètres de neige artificielle soient ajoutés à la calotte chaque année, durant la prochaine décennie.

Le reflet de la dimension du problème du niveau de la mer

Toutefois, cette alternative présente de nombreuses limites. Il s’agit tout d’abord d’un défi technique et financier énorme. Par ailleurs, l’installation industrielle pourrait mettre en péril la vie de nombreuses formes de vie. En outre, le projet nécessiterait une « quantité d’énergie considérable », produite par 12 000 éoliennes, pour aboutir. Le volume d’eau nécessaire est estimé à six fois plus que le volume de l’eau du canal de Panama.

Les chercheurs ont également fait allusion à des « processus non encore anticipés », qui pourraient survenir à long terme. En effet, l’étude ne tient pas compte des changements qui pourraient avoir lieu durant la prochaine décennie.

Il y a également le fait que le projet serait un vain sacrifice si l’effet de serre n’est pas réduit en même temps.

Ainsi, au stade actuel, il ne s’agit encore que d’une idée parmi tant d’autres. « L’absurdité apparente de cette initiative… reflète la dimension stupéfiante du problème du niveau de la mer. Pour prévenir un risque sans précédent, l’humanité devra peut-être faire un effort sans précédent », ont néanmoins expliqué les chercheurs.