Ils veulent créer des chimères mi-humaines, mi-animales

Pablo Ross travaille comme biologiste à Davis, en Californie, et il s’intéresse depuis plusieurs années aux chimères et donc aux créatures hybrides. Il ne se contente d’ailleurs pas de les étudier car il aimerait pouvoir créer des embryons mi-humains, mi-animaux. Certains de ses confrères craignent cependant qu’il ne finisse par franchir la ligne rouge.

Pablo Ross cumule les casquettes. Il s’intéresse à la biologie humaine, certes, mais également à la biologie animale et il est en plus expert en techniques de reproduction.

Chimères

Un chercheur américain travaille sur des chimères.

Il a rassemblé un groupe de chercheurs afin de travailler sur une nouvelle technique visant à implanter des cellules humaines dans des embryons animaux.

Pablo Ross veut implanter des cellules humaines dans des embryons d’animaux pour créer des organes transplantables

Le chercheur n’a évidemment pas l’intention de donner vie à une créature monstrueuse et il ne se prend pas non plus pour dieu. En réalité, s’il travaille sur cette technique, c’est avant tout pour venir en aide aux personnes nécessitant une transplantation.

A l’heure actuelle, peu de gens acceptent de faire don de leurs organes et c’est un véritable problème car des milliers de personnes sont dans l’attente d’une transplantation. La plupart des pays ont mis en place une liste d’attente pour simplifier le processus et privilégier les malades les plus durement touchés mais elle ne suffit malheureusement pas à sauver tout le monde.

Pablo Ross a donc l’intention de créer des organes à partir de chimères élaborées en laboratoire.

Il est actuellement en train de procéder à des essais poussés basés sur une nouvelle méthode d’édition génomique. Le chercheur et son équipe se sont appuyés sur l’embryon d’un cochon pour faire leurs tests. Ils ont commencé par retirer le gène servant à fabriquer le pancréas de l’animal et ils ont ensuite injectés des cellules souches pluripotentes induites (CSPi) humaines, des cellules capables d’évoluer en n’importe quelle cellule ou en n’importe quel tissu.

En procédant de la sorte, ils pensent que ces fameuses cellules viendront combler le vide laissé par l’extraction du gène pour le transformer en pancréas humain. Si l’expérience porte ses fruits, alors ils implanteront l’embryon dans l’utérus d’une truie afin qu’il puisse se développer.

Certains scientifiques pensent que Pablo Ross est en train de franchir la ligne

Comme indiqué un peu plus haut, ces expérimentations ne sont pas vues d’un bon oeil par la communauté scientifique et les travaux de Pablo sont étroitement surveillés par le National Institutes of Health et donc par l’institution gouvernementale américaine en charge de la recherche médicale.

Toutefois, il est important de signaler que les fameuses cellules souches humaines utilisées dans l’expérience ne proviennent pas d’un embryon. Elles ont été fabriquées en laboratoire et le chercheur estime donc qu’il respecte bien les principes éthiques fixés par son gouvernement.

Il y a cependant un problème de taille. Pablo et son équipe ne peuvent pas prédire comment vont se comporter les cellules souches introduites dans l’embryon porcin.

En réalité, elles pourraient très bien ne pas former un pancréas et migrer vers le cerveau.

Cette hypothèse inquiète beaucoup Stuart Newman, professeur en biologie cellulaire et en anatomie au New York Medical College. Il estime en effet que les expérimentations du chercheur ne sont pas suffisamment encadrées.