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Immolés à cause d’une rumeur lancée sur WhatsApp

Vers la fin du mois d’aout, un horrible incident s’est produit dans la petite ville d’Acatlán, dans l’État de Puebla, dans le centre du Mexique.

Deux jeunes garçons innocents ont été brûlés à mort par une foule enragée et inconsciente. Les autorités locales n’ont pas pu empêcher la tragédie d’avoir lieu. La colère de la foule a été attisée par des fausses informations diffusées sur WhatsApp.

Les deux jeunes gens, Ricardo et Alberto, ont été accusés d’avoir « troublé la paix » par des résidents locaux. Ils ont été emmenés au Commissariat de la ville par les agents de police pour une enquête, car il n’y a avait aucune preuve soutenant qu’ils avaient commis un délit. La foule les a cependant réclamés, croyant que c’était des ravisseurs d’enfants.

D’après des témoins, les policiers auraient précisé à plusieurs reprises qu’ils étaient des délinquants mineurs et non des kidnappeurs. La force des fake-news a toutefois pris le dessus.

De la désinformation au meurtre d’innocents

Au même moment où les deux victimes ont été emmenées au poste, le message suivant s’est propagé via l’application de messagerie : « S’il vous plaît, soyez vigilants, car un fléau d’enlèvements d’enfants touche le pays ». « Il semble que ces criminels soient impliqués dans un trafic d’organes … Ces derniers jours, des enfants âgés de 4, 8 et 14 ans ont disparu et certains d’entre eux ont été retrouvés morts avec des signes de prélèvement d’organes. Leur abdomen avait été retrouvé ouvert et était vide. »

Maria, la grand-mère de l’un des garçons, a vu la vidéo diffusée en direct sur Facebook. « S’il vous plaît, ne leur faites pas mal, ne les tuez pas, ce ne sont pas des enfants kidnappeurs », a-t-elle supplié, mais en vain.

Francisco Martinez, alias « El Tecuanito », a été identifié par les autorités comme l’un des instigateurs de l’horreur. Voici le message qu’il a publié : « Les gens d’Acatlán de Osorio, Puebla, venez s’il vous plaît apporter votre soutien, votre soutien. Croyez-moi, les ravisseurs sont maintenant ici. »

Un autre homme, connu sous le nom de Manuel, a sonné la cloche de la ville afin de prévenir le peuple que la police voulait libérer les deux jeunes gens. Marchant au milieu de la foule avec un mégaphone, Petronilo Castelan, alias « El Paisa », a demandé aux gens de se cotiser pour acheter de l’essence.

La foule furieuse a finalement mis la main sur Ricardo et Alberto. Ces derniers ont été violemment battus avant d’être brûlés à l’essence. Selon des témoins, Ricardo n’aurait pas survécu aux coups. Alberto, cependant, était apparemment encore conscient lorsqu’on lui a mis le feu. Dans la vidéo de la scène horrible, on peut voir les membres de l’une des victimes bouger alors que les flammes les embrasent.

Aucun enfant n’a été kidnappé, personne n’a porté plainte

« C’est l’une des choses les plus horribles qui se soient déroulées à Acatlán », a déclaré Carlos Fuentes, un chauffeur de taxi qui travaille à proximité du poste de police. « Les colonnes de fumée pouvaient être vues de tous les points de la ville. »

« Regardez comment vous les avez tués ! Vous avez tous des enfants ! Et je veux que justice soit rendue pour ceux qui me sont chers ! », a exhorté Maria lors des funérailles. « J’ai perdu mon petit-fils qui ressemblait à mon fils », a-t-elle poursuivi. « Ils les ont accusés d’être des criminels, sans aucune preuve. » « Pourquoi n’ont-ils pas vérifié ? Aucun enfant n’a été kidnappé, personne n’a porté plainte. C’étaient de fausses nouvelles ».

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