Insight a repéré ce qui ressemble à un tremblement de terre martien

La NASA mène de front plusieurs missions martiennes, des missions élaborées et dirigées le plus souvent en partenariat avec d’autres agences scientifiques mondiales. InSight, par exemple, repose sur un sismomètre développé par le CNES et ce dernier vient précisément d’annoncer la détection du tout premier « Marsquake », ou tremblement de terre martien.

InSight, pour Interior Exploration using Seismic Investigations, Geodesy and Heat Transport (à vos souhaits) est une mission un peu particulière.

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Cette dernière n’a en effet pas pour but d’analyser l’atmosphère ou les reliefs martiens et elle se focalise ainsi sur la structure interne de la planète.

InSight, une mission portée par les États-Unis et la France

Pour être en mesure d’accomplir les objectifs fixés par la NASA et ses partenaires scientifiques, InSight s’appuie principalement sur deux instruments différents : HP3 et SEIS.

HP3 a été conçu pour mesurer les différents flux de chaleur en provenance du centre de la planète. Pour fonctionner, ce dernier va s’appuyer sur un forage de cinq mètres, un forage dans lequel sera placé un tube long d’une quarantaine de centimètres. Le déploiement de l’instrument ne s’est malheureusement pas déroulé comme prévu et la foreuse a rencontré un obstacle infranchissable.

SEIS n’a fort heureusement rencontré aucun souci lors de son déploiement. L’opération a été menée le 19 décembre dernier et elle s’est déroulée sans encombre, comme prévu.

Or justement, le 6 avril dernier, SEIS a capté ce qui est présenté par le CNES comme « un signal sismique calme, mais distinct ». Un signal similaire en tout point aux tremblements de terre détectés dans les années 60 sur la Lune grâce aux missions Apollo.

L’analyse des données est toujours en cours, la prudence est donc de mise, mais le CNES pense que ce séisme venait bien des entrailles de la planète rouge et non des vents violents soufflant à sa surface. En revanche, l’intensité du tremblement était relativement mesurée et elle ne nous permettra pas d’obtenir des données exploitables sur les sous-sols martiens.

Un premier « marsquake » repéré

Le centre précise également dans son communiqué de presse que trois autres signaux ont été repérés, des signaux respectivement émis le 14 mars, le 10 avril et le 11 avril. Toutefois, leur origine exacte n’a pas encore été déterminée.

Reste que ce premier « Marsquake » est une véritable victoire. Comme le rappelle le CNES, les sismomètres sont habituellement placés sous le niveau du sol, mais ce n’est pas le cas pour l’instrument embarqué à bord d’InSight. Il se trouve en effet à quelques centimètres du sol. Cette découverte ouvre donc le champ des possibles, y compris pour la sismologie terrestre.

Jean-Yves Le Gall, le président du CNES, a également tenu à rappeler que SEIS est la « pierre angulaire de la coopération spatiale entre la France et les États-Unis ». En outre, d’après lui, la mission InSight nous donnera un autre regard sur le lointain passé de la planète rouge.

Rappelons en effet que les Etats-Unis envisagent d’établir une base sur place dans ces prochaines décennies. Dans ce contexte, la NASA et ses partenaires ont besoin de collecter un maximum de détails sur la topologie des lieux, ce qui passe aussi par l’étude des sous-sols martiens.

Et si vous voulez savoir à quoi ça ressemble :

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