Insolite : des chercheurs veulent cultiver des tonnes d’algues rouges pour réduire l’impact des pets de vache sur le climat

Certains ne le savent pas, mais les vaches sont très polluantes. À chaque fois qu’elles éructent ou qu’elles pètent, elles produisent du méthane, un gaz capable de piéger la chaleur. En tant que tel, lorsqu’il est produit en trop grande quantité, le méthane participe au réchauffement climatique.

Il y a cinq ans, l’agence scientifique nationale australienne (CSIRO) a découvert que l’Asparagopsis, une variété d’algues rouges, permettait de réduire de 99 % la quantité de méthane produit par les vaches lorsqu’elle était ajoutée en petite quantité à l’alimentation des braves bêtes.

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Suite à cette découverte, les chercheurs australiens ambitionnent aujourd’hui de cultiver ces algues à très grande échelle dans le but de réduire les émissions de gaz à effet de serre non seulement en Australie, mais également partout dans le monde.

Une algue qui réduit la production de méthane chez les vaches

Le méthane produit par les rots et les pets des vaches provient de la fermentation des herbes et des foins qu’elles ont ingérés. La fermentation est un processus très important pour la digestion des vaches, mais qui génère une grande quantité de méthane, d’où le côté très polluant des élevages.

Dans un communiqué publié ce mercredi 14 août, Nicholas Paul, professeur à l’Université de la Sunshine Coast (USC) en Australie, a indiqué que l’Asparagopsis permettait de réduire la production de méthane lors du processus de fermentation des herbes et foins.

« Lorsqu’elle est ajoutée à l’alimentation des vaches à moins de 2 % de la matière sèche, cette algue supprime totalement la production de méthane », a indiqué le Pr Paul, avant d’expliquer que l’Asparagopsis « contient des produits chimiques qui réduisent les microbes présents dans l’estomac des vaches et les poussent à roter lorsqu’elles mangent de l’herbe. »

Réduire les émissions de gaz à effet de serre à 10 % 

Dans le cadre du projet USC Seaweed Research Group, Nicholas Paul dirige actuellement une équipe de scientifiques dans le but de trouver un moyen de cultiver l’Asparagopsis à grande échelle. Le professeur a indiqué que cela va réduire les émissions de gaz à effet de serre de 10 % en Australie.

« Si nous sommes en mesure de trouver un moyen de transformer les algues pour atteindre un niveau qui puisse nourrir toutes les vaches, les moutons et les chèvres du monde entier, l’impact sur le climat sera énorme », a également déclaré le Pr Paul avec enthousiasme.