Japon : des femmes forcées à tourner dans des films pornos

Au Japon, des dizaines de femmes sont forcées à tourner dans des films pornos chaque année. L’une d’entre elles a décidé de témoigner à visage découvert pour mettre un terme à ces horribles pratiques.

Kurumin Aroma a une vingtaine d’années et elle a toujours rêvé de devenir une célébrité. En 2013, elle est interpellée dans la rue par un homme prétendant travailler dans le milieu du spectacle. Après l’avoir complimenté sur son physique et sa tenue, il lui demande si elle s’intéresse à l’univers du glamour et si elle a envie de participer à un shooting photo.

Kurumin

L’homme est charmant, il lui parle poliment et il inspire confiance.

Kurumin voulait devenir une star

Elle accepte donc la proposition. La discussion se poursuit et son bienfaiteur commence à évoquer un petit rôle dans un film indépendant. Il laisse aussi entendre qu’il a des contacts dans le milieu de la musique. Kurumin boit totalement ses paroles, elle est persuadée que sa vie va enfin changer.

Étudiante à l’époque, elle se trouvait en effet dans une situation précaire et ses finances n’étaient pas précisément au beau fixe.

L’homme lui propose de signer un contrat. Après l’avoir rapidement parcouru des yeux, la jeune femme le paraphe et le signe. Un rendez-vous est ensuite fixé pour la semaine suivante, au bureau de son bienfaiteur.

Une semaine plus tard, l’homme lui annonce qu’elle va devoir poser nue. Kurumin refuse et fond en larmes. Son interlocuteur ne se laisse pas démonter et il lui rappelle qu’elle a signé un contrat. Elle doit donc se conformer à ses exigences, sous peine d’être poursuivie.

Face à la pression, elle accepte. Quelques semaines plus tard, l’homme la convoque de nouveau à l’agence. Cette fois, elle doit tourner dans un film pornographique. Choquée, Kurumin refuse de nouveau. Plusieurs réunions ont lieu dans les semaines suivantes. L’agence se fait de plus en plus pressante et elle menace de nouveau la jeune femme de poursuites. Seule et isolée, elle finit par capituler.

Cette terrible histoire n’est pas un cas isolé. En réalité, de nombreuses agences procèdent de cette façon afin de trouver de nouvelles actrices pour leurs productions. Les Japonais sont en effet friands de ces contenus et le marché de la pornographie pèse plusieurs millions de yens là-bas.

Ce n’est pas un cas isolé

Selon Lighthouse, une association luttant contre le trafic d’êtres humains, environ deux cents femmes ont cherché de l’aide en 2016 auprès de ses services, contre soixante-deux en 2015 et trente-six en 2014. Des chiffres qui se passent de tout commentaire.

Pour contraindre les femmes à tourner dans ces productions, certaines agences les menacent de les dénoncer à leur famille. Certaines sont même violées sur le lieu des tournages.

Kurumin a tourné dans plusieurs films, mais elle a fini par reprendre le contrôle de sa vie et elle a choisi de dénoncer publiquement les agissements de ces agences. Elle encourage les victimes à se tourner vers les associations et à ne pas rester isolées.

Bien sûr, le Japon n’est pas le seul pays touché par ces trafiquants d’être humain. La France a ainsi lancé en 2013 une mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains. Le gouvernement a même adopté un an plus tard un plan d’action national.

Il existe en parallèle de nombreuses associations qui luttent contre la traite. L’AFJ en fait partie et elle peut être contactée à cette adresse.

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