Japon : l’île disparue au cœur de plusieurs théories conspirationnistes

Le Japon a une situation géographique assez particulière. Le pays s’étend en effet sur plusieurs îles principales et mineures. Esambe Hanakita Kojima était l’une d’entre elles, mais elle a subitement disparu au début du mois de novembre après avoir été submergée par les eaux.

L’île en question a été enregistrée en 1987 et elle se trouvait non loin de la pointe nord de l’île septentrionale de Hokkaido.

OceanCleanup

Compte tenu de son ancienneté, sa disparition soudaine a beaucoup surpris les autorités et les garde-côtes japonais ont immédiatement ouvert une enquête afin de faire toute la lumière sur l’affaire.

Au Japon, les îles peuvent parfois disparaître

Si aucun rapport formel n’a encore été publié, les enquêteurs ont tout de même indiqué qu’il était fort probable que l’île ait été balayée par les eaux suite à une tempête en mer.

Le Japon, comme chacun le sait, se trouve dans une zone de subduction de quatre plaques tectoniques. La région est donc très active et c’est notamment ce qui explique pourquoi le pays compte pas moins de 108 volcans à travers tout le territoire.

En raison de son emplacement, la nation japonaise doit très souvent faire face à d’importants séismes. Il arrive ainsi fréquemment que de nouvelles îles apparaissent ou disparaissent en fonction des activités géologiques relevées sur le territoire.

Dans ce contexte, la disparition de l’île d’Esambe Hanakita Kojima n’a rien de surprenant en soi.

Il semblerait cependant que la complosphère ne soit pas du même avis. Depuis la disparition de l’île, plusieurs théories conspirationnistes ont en effet émergé sur la toile et certains accusent ainsi le gouvernement japonais d’avoir monté de toute pièce l’affaire pour dissimuler des activités confidentielles menées sur l’île.

Des théories conspirationnistes nées d’une confusion ?

Ces affirmations ne reposent cependant sur rien de concret et elles sont même totalement incohérentes.

Comme l’a expliqué CNN, Esambe Janakita Kojima était décrit comme un îlot sur les cartes marines de 1988 de l’Autorité géospatiale de l’information du Japon et les terres le composant se dressaient à seulement 1,4 mètre au-dessus du niveau de la mer. Difficile de construire des installations top secret dans ces conditions, n’est-ce pas ?

En réalité, il semblerait que cette théorie conspirationniste soit surtout née d’une confusion entre deux îles. Le 7 novembre, soit quelques jours après que l’affaire ait été rendue publique, la chaîne YouTube Science Channel a publié une vidéo portant sur la disparition – présumée – d’une île située à près de deux mille kilomètres au large du Japon : Minamitori-Shima.

Très bien montée, la séquence laissait entendre que cette île avait été sciemment gommée des cartes satellites afin de couvrir des activités menées par un groupe gouvernemental secret. Toutefois, l’île est toujours présente sur Google Maps et il suffit ainsi de se rendre à cette adresse pour la visiter.

Il faut tout de même rappeler que les agences gouvernementales n’ont pas besoin d’effacer des îles pour dissimuler leurs activités. En réalité, il suffit tout simplement d’en faire la demande à Google et il existe ainsi pas mal de régions à travers le monde qui n’apparaissent pas dans Google Maps ou dont les cartes ne sont pas rafraîchies en permanence.

Comme le complexe militaire de Tonopah aux Etats-unis par exemple.

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