Jeanne Calment au cœur d’une enquête… sur Facebook

À l’heure actuelle, des particuliers s’activent au sein d’un groupe Facebook appelé « contre-enquête sur Jeanne Calment ». Cent vingt-trois membres s’organisent pour défendre ce record du monde de la longévité. Leur objectif est de faire la lumière sur la publication, en décembre 2018, des deux scientifiques russes. Ces derniers ont mis en doute l’âge de la doyenne de l’humanité.

Nikolai Zak et Valery Novoselov ont avancé que cette croyance n’est que le résultat d’une simple fraude fiscale.

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Pour éviter les paperasses en matière de droit de succession, Yvonne se serait déclarée morte, à la place de sa mère, en 1934. Depuis, elle aurait repris l’identité de la centenaire, et aurait succombé à l’âge de quatre-vingt-dix-neuf ans.

Officiellement, Jeanne Calment est décédée le 4 août 1997, à cent vingt-deux ans et cent soixante-quatre jours. Son état civil a été bien exploré et elle a été longuement interrogée, de son vivant, sur les détails de sa biographie.

Des arguments ébranlant la figure emblématique de la longévité

Des rumeurs circulaient déjà dans les colloques de démographes, d’assureurs et de gérontologues. L’apparition des documents russes a ébranlé la croyance en ce record mondial de longévité. Les scientifiques ont avancé dix-sept arguments, avec des photos, des témoignages et des documents officiels à l’appui.

Il y a, par exemple, la confusion dans les témoignages du centenaire entre « mon mari » et « mon père ». Ensuite, il y a l’étrange destruction des archives personnelles, la forme des oreilles, la couleur des yeux, et bien d’autres encore.

Certains spécialistes ont reconnu que c’est du beau travail qui suscitera la reconsidération du dossier. Cependant, seule une analyse ADN permettrait de trancher. Faute de documents administratifs probants et de paramètres biologiques, les incertitudes sont importantes.

Les débats s’enflamment autour de cette idée de substitution. La contre-enquête regroupe notamment des personnes décidées à défendre la figure locale, des passionnés d’histoire et de simples curieux. « Cette histoire me passionne. C’est mieux qu’une série américaine, il y a plein de rebondissements », a publié Aurélie, un membre du groupe Facebook.

Une contre-offensive sur Facebook

À Arles, l’endroit où vivait Jeanne Calment, la théorie a fait l’effet d’une bombe. Pour les habitants qui l’ont côtoyé, tout cela n’est qu’une pure invention. La contre-offensive a été lancée par Cécile Pellegrini, agacée par les critiques des personnes « qui n’ont jamais mis les pieds à Arles ».

Elle invite ceux qui s’intéressent à la cause à démonter la thèse des Russes. « Ici, c’est une légende vivante », a-t-elle déclaré.

Depuis le début de l’année, le groupe de centaines de personnes échange des indices sur les réseaux sociaux, comme des portraits, de vieilles lettres et des photos sur la plateforme. Parmi les membres, il y a des proches de la centenaire, son aide-soignante, ainsi que des anonymes qui fouillent les archives et parcourent les lieux où cette figure de l’histoire a vécu.

Claudine Serena, l’aide-soignante de la doyenne, tente de récupérer des informations sur son dossier médical. « Elle était insupportable et nous prenait tous pour ses domestiques, mais je n’ai jamais eu le moindre doute sur son histoire. Quand les Russes disaient qu’elle a brûlé ses affaires personnelles, dans son appartement, pour faire disparaître les preuves. C’est qu’elle n’avait, surtout, pas envie que des étrangers viennent fouiller dedans après son départ à la maison de retraite », a-t-elle expliqué.

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