Jupiter aurait-elle absorbé une autre planète ?

La composition du noyau de Jupiter est un mystère qui a toujours intrigué les scientifiques. Il est en effet constitué d’un mélange étrange de roches solides et d’une bulle diffuse d’hydrogène gazeux. Jusqu’ici, les scientifiques n’avaient aucune idée de comment cela à pu arriver.

Mais une nouvelle étude rapportée par Science News semble donner un début de réponse à cette énigme.

Crédits NASA/JPL-Caltech/SwRI/MSSS/Kevin M. Gill

Elle suggère que la géante gazeuse a absorbé une autre protoplanète lors d’une collision frontale il y a quelque 4,5 milliards d’années, lorsque notre système solaire se formait.

Une nouvelle explication très plausible de la constitution de Jupiter

L’étude publiée dans la revue Nature a été réalisée par une équipe d’astronomes des États-Unis, de la Suisse, de la Chine, et du Japon. Elle a permis d’étudier la structure et la composition de Jupiter en se servant des données de la sonde spatiale Juno de la NASA. Les résultats obtenus par les astronomes donnent des éléments de réponses sur l’origine du noyau diffus et fragmenté de Jupiter, mais aussi sur les conditions dans lesquelles notre système solaire s’est formé.

Afin d’écarter toute autre éventualité, les astronomes ont testé d’autres hypothèses qui pourraient expliquer pourquoi le noyau interne de Jupiter est devenu si diffus, comme la possibilité que le noyau contenait du gaz dès le départ, ou l’érosion progressive causée par des vents violents. Mais les scientifiques se sont rendu compte que seule l’hypothèse d’une collision ancienne était une explication plausible, car c’est la seule qui correspond le mieux aux données d’observation.

« Les modèles d’un tel scénario conduisent à une structure interne qui est cohérente avec un noyau dilué, persistant sur des milliards d’années », écrit l’équipe.

Notre système solaire était peut-être un endroit chaotique à sa naissance

Si l’hypothèse émise par cette nouvelle étude s’avère être juste, cela signifierait que notre système solaire était un endroit violent où des protoplanètes immenses pouvaient se percuter et même fusionner pour former des planètes comme Jupiter.

« Nous pensons que les collisions étaient courantes dans le jeune système solaire et qu’un événement similaire aurait également eu lieu pour Saturne, contribuant ainsi aux différences structurelles entre Jupiter et Saturne. », dit l’équipe.

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