Kepler-1625b I, la première exolune découverte par l’humanité ?

Kepler-1625b I n’est pas un corps comme les autres. Il pourrait en effet s’agir de la toute première exolune détectée par l’humanité. C’est en tout cas ce que pensent des astronomes de l’Université de Columbia.

L’équipe de recherche a été pilotée par David Kipping, un des enseignants de l’établissement. Passionné d’espace et d’astronomie, il s’est spécialisé dans la recherche d’exoplanètes et d’exolunes. Il travaille depuis plusieurs années sur une méthode visant à identifier et catégoriser ces corps et il pilote en outre le programme HEK, pour The Hunt of Exomoons with Kepler.

Lune Jeff

Lancé en 2011, ce programme vise essentiellement à trouver et à catégoriser les satellites des exoplanètes en s’appuyant sur des données collectées par le télescope spatial Kepler.

Le HEK pense avoir trouvé une exolune

HEK utilise une technique très particulière pour tenter de trouver ces corps. Le collectif s’appuie ainsi sur la variation de la vitesse radiale et sur la variation du temps de transit en se basant sur des altérations du signal produit par la planète.

Pour faire plus simple, les chercheurs du programme s’appuient sur le transit des exoplanètes afin de tenter de trouver des incohérences témoignant de la présence d’un satellite naturel dans leur orbite.

L’intervalle durant lequel la planète transite autour de son étoile peut en effet être plus long ou plus court en fonction de l’influence gravitationnelle de ces corps et les scientifiques se focalisent ainsi sur cet aspect pour tenter de révéler leur existence.

En parallèle, il leur arrive aussi de s’appuyer sur la longueur d’onde de la lumière de l’étoile hôte, et plus précisément sur des changements pouvant apparaître lorsqu’une lune se trouve dans l’orbite de l’exoplanète en transit.

Afin de faciliter les recherches, le HEK a commencé par sélectionner une liste de planètes pouvant potentiellement s’accompagner d’un satellite en s’appuyant sur les données relevées par Kepler. Durant ces six dernières années, les chercheurs participant au programme ont cru à plusieurs reprises avoir détecté une exolune, mais aucun satellite n’a été découvert de manière formelle.

Des résultats à confirmer

David Kipping pense cependant avoir ferré un nouveau poisson.

Le chercheur et son équipe pensent en effet qu’une planète située dans l’orbite de Kepler-1625 – une étoile située à 4000 années-lumière – pourrait potentiellement abriter un satellite naturel dans son orbite.

Les scientifiques ont d’ailleurs réuni une série de preuves pour en attester, mais ils appellent évidemment à la plus extrême des prudences.

Pour l’heure, ils ont en effet repéré trois oscillations lors des trois passages observés de l’exoplanète, mais il faudra bien évidemment procéder à de nouvelles observations pour s’assurer de l’existence de cette exolune. Plusieurs scientifiques ont d’ailleurs manifesté leur intérêt pour cette étude et certains d’entre eux comptent utiliser Hubble afin de vérifier l’hypothèse de David Kipping et de son équipe.

L’étude réalisée par les astronomes est disponible à cette adresse.