KIC 8462852 : toujours pas de mégastructure extraterrestre en vue

Finalement il semble qu’il y ait très peu de chance qu’on trouve une présence extraterrestre autour de l’une des étoiles les plus étranges de notre galaxie – KIC 8462852, située à environ 1 480 années-lumière de la Terre.

En octobre 2015 cette étoile avait attiré l’attention du monde à cause de variations inhabituelles de luminosité.

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On avait alors spéculé qu’une mégastructure extraterrestre pouvait être à l’origine de ces anomalies de luminosité. Toutefois, une nouvelle étude portant sur la recherche de signes de vies extraterrestres révèle qu’aucune preuve n’appuie cette théorie.

Une recherche de traces de laser extraterrestre qui ne donne rien

Les scientifiques à l’origine de la nouvelle étude sont partis du principe qu’une telle civilisation extraterrestre, capable de construire une mégastructure bloquant la lumière des étoiles, devait probablement être en mesure de communiquer à l’aide de lasers. Partant de là, David Lipman, étudiant à l’Université de Princeton, dans l’État du New Jersey, aux États-Unis, et des astronomes collaborateurs ont utilisé les données disponibles pour chercher des traces de lasers dans la lumière de l’étoile KIC 8462852. L’équipe n’a trouvé aucune preuve de la présence de lasers même de faible puissance, chose pourtant que même nous, avec notre civilisation techniquement primitive, sommes capables de faire, peut-on lire dans l’étude.

« Bien que notre conclusion ait été négative, nous avons encore beaucoup appris en créant et en appliquant cet algorithme, qui pourrait être utilisé pour d’autres étoiles », a déclaré Lipman, auteur principal de l’étude.

La mystérieuse variation de luminosité de l’étoile KIC 8462852

C’est en 2016 que l’astronome Tabetha Boyajian a annoncé la découverte d’un comportement étrange provenant de KIC 8462852, une étoile qui se trouve dans la constellation du Cygne. L’étoile présentait en effet des baisses inhabituelles de lumière qu’une équipe de scientifiques citoyens avait déjà remarquées pour la première fois dans le cadre du projet Planet Hunters.

Le phénomène étrange a ensuite été analysé puis confirmé par Boyajian. KIC 8462852 a par la suite été rebaptisée « étoile de Boyajian » ou « étoile de Tabby ».

En général, ce sont les pulsations dans l’atmosphère stellaire, ou le mouvement des planètes en orbite qui sont à l’origine des changements périodiques de luminosité d’une étoile. Mais dans le cas de l’étoile de Boyajian, les scientifiques étaient face à un phénomène nouveau inexpliqué, puisque la diminution de luminosité de l’étoile était irrégulière et imprévisible. Certains ont alors suggéré l’hypothèse d’une mégastructure extraterrestre qui bloquerait périodiquement la lumière de l’étoile. La nouvelle étude a alors été initiée pour tenter de jeter un regard neuf sur la possibilité d’une source extraterrestre.

« En recherchant minutieusement l’émission de laser par cette étoile, nous pouvons tenter de confirmer le scénario selon lequel les variations de luminosité seraient dues à un type quelconque de structure artificielle autour de l’étoile, telle qu’une sphère de Dyson« , a déclaré le co-auteur de l’étude, Howard Isaacson, astronome à l’université de Californie, Berkeley. « Si les variations de luminosité étaient effectivement dues à une structure artificielle autour de l’étoile, alors peut-être que les êtres qui ont créé la structure communiquent à l’aide de lasers optiques. »

Pour confirmer cette hypothèse, l’équipe de scientifiques a mis au point un algorithme informatique spécial, basé sur les données recueillies par l’Automated Planet Finder Telescope (APF), pour « télescope chercheur de planète automatisé », un télescope optique de 2,4 mètres entièrement robotisé qui se trouve à l’observatoire Lick, en Californie. L’algorithme créé par les chercheurs permet de détecter dans la lumière des étoiles, une lumière pouvant provenir d’un faisceau laser. Et en tenant compte de la distance entre KIC 8462852 et la Terre, les chercheurs devaient pouvoir voir un signal alimenté par un laser de 24 mégawatts ou plus.

En quête de réponse

Boyajian et ses collaborateurs continuent de surveiller KIC 8462852 depuis la découverte initiale. Jusqu’ici, leurs recherches leur ont permis de déterminer que l’atténuation de luminosité de l’étoile se produit de manière inégale pour différentes couleurs de lumière. Ce qui permet d’exclure la possibilité que l’atténuation soit causée par un objet solide, comme des planètes ou des mégastructures extraterrestres. L’équipe pense donc qu’un nuage de poussière pourrait être à l’origine de cette perturbation.

« Nous essayons de déterminer le type de matériau qui passe devant l’étoile, que ce soit à l’intérieur ou autour de l’étoile », a déclaré Boyajian.

Cette nouvelle étude a été réalisée dans le cadre de l’initiative Breakthrough Listen, qui utilise la radio et la lumière optique pour scanner la Voie lactée et les galaxies environnantes à la recherche de vie extraterrestre. Les scientifiques espèrent pouvoir utiliser l’algorithme appliqué pour l’étoile de Boyajian pour continuer à faire des recherches autour d’autres étoiles situées à proximité de notre galaxie.