La Chine a réussi à placer son satellite de communication sur le point de Lagrange L2

La face cachée de la Lune, celle qui ne peut être contemplée depuis la Terre, intrigue depuis longtemps les astronomes. Les premières images de cet autre hémisphère avaient été capturées en 1959 grâce à la caméra du vaisseau spatial soviétique Luna 3. Le 21 mai dernier, la Cast (la Société de sciences et technologies aérospatiales de Chine) a lancé le satellite de relais Queqiao (initialement appelé Chang’e 4 Relay) depuis une Longue Marche 4C (CZ 4C) à Xichang.

La Chine veut ainsi être la première à contrôler des instruments sur la face cachée de la Lune. Le Queqiao ou « Pont de Pies » intègre des services de transmission des données, d’observation et de contrôle d’autres vaisseaux. Il est également accompagné de deux petits satellites de 45 kg, Longjiang 1 et 2, conçus par l’université de Harbin.

Jeudi dernier, l’agence spatiale chinoise a annoncé que le satellite de 425 kg a atteint le Point de Lagrange L2 du système Terre-Lune. Il se situe actuellement en orbite de Halo à environ 65.000 kilomètres du satellite de la Terre.

Une première mondiale

« Ce satellite est le premier satellite de communication du monde qui opère sur cette orbite, il jettera des bases pour Chang’e-4, qui devrait être la première sonde au monde à réaliser un atterrissage en douceur et à parcourir la face cachée de la Lune », a expliqué Zhang Hongtai, président de l’Académie des technologies spatiales de Chine.

Les deux satellites jumeaux sont capables de mesurer des signaux radio à très basse fréquence (entre 1 et 30 MHz). Les experts espèrent pouvoir capter des phénomènes énergétiques engendrés par le Bing Bang.

La Chine prévoit le lancement de la sonde lunaire Chang’e 4 vers la fin de l’année 2018. Celle-ci sera accompagnée d’un petit rover de 120 kg.

Un petit enfant courant en orbite

L’orbite de Halo permet au satellite d’être sur une position où il peut avoir une vue à la fois sur la face cachée de la Lune et sur la Terre. « Depuis la Terre, cette orbite ressemble à un halo de la Lune, d’où le nom de l’orbite », a indiqué Zhang Lihua, directeur du projet du satellite relais.

C’est toutefois une nouvelle expérience pour les experts. « Il s’agit d’un nouveau type d’orbite, nous n’avons aucune expérience. Nous avons effectué un grand nombre de simulations pour nous assurer que la conception était faisable et fiable », a souligné Zhang.

« S’il y avait une perturbation minuscule, telle qu’une perturbation gravitationnelle venant d’autres planètes ou du soleil, le satellite sortirait de l’orbite. La période de l’orbite est d’environ 14 jours. Selon notre plan actuel, nous effectuerons une maintenance de l’orbite tous les sept jours », a-t-il poursuivi.

« Queqiao est comme un petit enfant courant en orbite. S’il y avait même la moindre négligence de notre équipe, le satellite serait perdu pour toujours », a noté Guan Bin, concepteur du système de contrôle de l’engin.

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