La Chine s’intéresse elle aussi à l’EmDrive

La Chine a mené des tests poussés sur l’EmDrive. Ils ont confirmé les résultats obtenus par la NASA. L’Académie Chinoise de Technologie Spatiale s’est même dite emballée par la technologie et elle compte l’utiliser très prochainement sur les satellites développés par ses départements.

L’Académie Chinoise de Technologie Spatiale, ou CAST pour les intimes, est une entreprise d’État. Elle regroupe la plupart des centres de recherche, de conception et de fabrication du pays et elle intervient dans des domaines assez variés, notamment dans l’aérospatial. La société conçoit en effet des satellites, mais il lui arrive aussi de travailler sur les pièces et les captures des véhicules spatiaux.

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La Chine a envoyé un EmDrive dans l’espace.

Depuis la fin des années 60, date de sa création, l’académie a donc travaillé sur de nombreux projets différents et elle est même à l’origine de la plupart des vaisseaux et des satellites chinois.

La Chine a construit un moteur EmDrive

Le CAST s’intéresse depuis plusieurs années maintenant à la technologie EmDrive et elle a récemment mené des tests très poussés afin de déterminer sa viabilité. L’opération a été un véritable succès.

L’EmDrive a été évoqué pour la toute première fois à la fin des années 90 par un ingénieur en aéronautique britannique du nom de Roger J. Shawyer. Il avait été moqué par ses pairs à l’époque et beaucoup de scientifiques de renom avaient ainsi crié à l’imposture. Et ce, pour une raison assez évidente : cette technologie ne devrait pas fonctionner.

Pas d’après les lois de la physique énoncée par Newton au 17e siècle, en tout cas.

Ces lois sont au nombre de trois. La première stipule que tout corps persévère dans l’état de repos ou de mouvement uniforme en ligne droite dans lequel il se trouve, à moins bien entendu qu’une force extérieure n’agisse sur lui et ne le contraigne à changer d’état.

La seconde complète la première loi et elle indique ainsi que ces fameux changements sont forcément proportionnels à la force motrice et qu’ils se font dans la direction dans laquelle cette force a été imprimée. La troisième, enfin, indique que l’action est toujours égale à la réaction et que les actions de deux corps l’un sur l’autre sont toujours égales et de sens contraire.

D’après ces fameuses lois, il est donc nécessaire d’effectuer une poussée contraire pour faire avancer un corps dans l’espace.

L’EmDrive contrevient cependant à cette loi.

Si vous n’êtes pas familier de la chose et si vous n’avez pas lu mes précédents articles sur le sujet, alors il faut rappeler que l’EmDrive se présente sous la forme d’un cône métallique dépourvu de pointe, un cône dans lequel circulent librement des micro-ondes rebondissant contre ses parois. D’après Shawyer, ces fameuses micro-ondes exerceraient une force plus importante à la base de la structure et il serait possible d’utiliser cette caractéristique pour générer une poussée sans pour autant avoir besoin d’utiliser le moindre carburant.

Les premiers tests ont été concluants

Cette théorie a divisé la communauté scientifique, bien sûr, et de nombreux chercheurs ont mené des tests afin de déterminer si un tel moteur pouvait réellement fonctionner.

La NASA a demandé à sa division de recherche de construire un moteur de ce type et ses ingénieurs ont fini par accoucher d’un premier prototype fonctionnel en 2014. Les tests menés par leurs soins ont validé la théorie de l’ingénieur britannique, mais l’agence spatiale a demandé à une agence extérieure de vérifier ses données.

Cette dernière a mené ses propres tests de son côté et elle a fini par valider les recherches menées par la NASA. L’affaire a fait énormément de bruit, mais tous les chercheurs n’ont pas sabré le champagne pour autant et plusieurs d’entre eux restent ainsi sceptiques.

Chen Yue, l’homme à la tête du CAST, a demandé à ses propres équipes de construire un prototype et de mener des tests.

Il a pris la parole la semaine dernière durant une conférence de presse spécialement organisée pour l’occasion afin de révéler que la Chine avait bien réussi à construire un moteur EmDrive et que ce dernier était parfaitement fonctionnel. Intéressant, mais ce n’est pas fini, car il a aussi indiqué que ce fameux prototype avait été envoyé sur la station spatiale Tiangong-2 pour être testé dans l’espace.

Cela n’a l’air de rien, mais l’EmDrive pourrait changer pas mal de choses à l’avenir. Grâce à ces moteurs, les agences spatiales pourront en effet envoyer des sondes dans l’espace profond et même réduire la taille et l’encombrement de leurs vaisseaux en supprimant les réservoirs de carburant utilisés pour générer cette fameuse poussée évoquée un peu plus haut.

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