La collecte d’IP désormais autorisée en France…

Bon, c’est un peu la nouvelle du jour dont tout le monde parle mais il faut la relayer. Visiblement, la Chambre criminelle de la Cour de Cassation a déposé un arrêt précisant que la collecte d’adresses IP pourra dorénavant se faire sans l’autorisation de la CNIL. En gros, n’importe qui aura désormais la possibilité de vous chopper lorsque vous téléchargerez du contenu illégal.

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Comme Korben le dit si bien, désormais l’IP n’est plus considérée comme une donnée privée. Concrètement, cela veut dire que si vous téléchargez sur la mule ou sur les réseaux bittorrent, n’importe qui pourra relever votre IP, demander à votre fournisseur d’accès votre prénom, votre nom, votre adresse et vous coller un très très méchant procès aux fesses. De ceux qui risquent de réduire considérablement votre pouvoir d’achat, qui de toute manière ne se portait déjà pas bien.

Jusqu’à présent, la CNIL protégeait les données personnelles des internautes et interdisait à quiconque d’y accéder. Avec un tel arrêté, ce n’est plus le cas, n’importe quel crétin maitrisant un tant soit peu l’outil informatique pourra chopper les IP des vilains pirates, constituer un gros gros fichier et le vendre aux majors afin qu’ils défendent leurs droits et vident votre pauvre compte en banque.

Mais ce n’est pas le pire. Non, avec un tel arrêté, c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres, comme disait l’un de mes stagiaires. Car on le sait bien, il est très facile d’usurper l’IP d’un autre internaute et il sera ainsi possible de lui nuire quelque chose de bien. Par exemple, je ne m’entends pas spécialement  bien avec l’une des boîtes de mon immeuble. Manque de chance pour eux, ils n’ont jamais été foutus de sécuriser correctement leur réseau WiFi. Maintenant, je vais donc pouvoir me connecter sur leur réseau, démarrer µTorrent, faire le plein de films et de musique et récupérer en plus leur place de parking lorsqu’ils seront amenés à déposer le bilan à cause des majors qui leur demanderont des milliers d’euros de dommages et intérêts.

Et ça marche vraiment pour n’importe quoi. En effet, quand vous surfez sur le web, vous laissez trainer un peu partout votre adresse IP. Pour peu que vous ne la protégiez pas, n’importe quel webmestre pourra donc obtenir légalement vos données et envoyer Jack Bauer chez vous pour vous régler votre compte ou, pire, envoyer une lettre anonyme à votre femme avec le listing de toutes vos consultations nocturnes.

Ça fait rêver, hein ?

Note : Visiblement, je me suis emporté pour pas grand chose. D’après vos retours et ceux que j’ai pu lire chez Korben, il semblerait que le phénomène soit moins grave que je ne le pensais. Comme quoi, écrire un billet dans la précipitation n’est pas une bonne chose et je tiens à m’en excuser. Attention cependant, car il convient tout-de-même de rester très vigilant sur la suite des évènements. Que les autorités compétentes relèvent les IP de ceux qui ne respectent pas la loi et qu’ils entament une action en justice contre eux, c’est une chose, mais nous devons veiller à ce que ce phénomène ne se généralise pas. Et encore une fois, merci à Burning Hat d’avoir apporté des informations complémentaires à ce sujet délicat.

Via Korben