La construction du plus grand télescope au monde est lancée

La construction du plus grand télescope optique au monde vient de débuter. Il se situera au Chili, à 3046 mètres d’altitude en plein désert d’Atacama. La présidente chilienne, Michelle Bachelet était présente ce vendredi pour poser la première pierre de l’édifice, mais les vents violents de ce lieu hostile ont empêché l’opération.

C’est donc à l’abri des murs de l’Observatoire du mont Paranal que la présidente a posé de manière symbolique la première pièce du nouveau télescope. Il fait suite au plus grand radiotélescope au monde, se trouvant en Chine.

Ce Télescope Géant Européen (en anglais ELT pour Extremely Large Telescope) permettra de capter des images détaillées et en direct de planètes se situant hors du système solaire.

Voir toujours plus loin

L’emplacement choisi est stratégique du fait de son altitude et de son positionnement sur le globe. Situé à 3 kilomètres d’altitude, il sera au cœur de vents extrêmement violents. Cependant, cette zone présente l’avantage de bénéficier d’un ciel totalement dégagé durant une grande partie de l’année.

L’air sec et froid du lieu est également un point positif. D’ailleurs, la région regroupe déjà les télescopes les plus imposants au monde. Elle espère rassembler 70% des infrastructures spécialisées à l’horizon 2020.

Le directeur général de l’Observatoire Européen austral (ESO), promoteur de ce nouvel ouvrage, affirme avec enthousiasme que la construction est synonyme d’un « saut géant de capacité, aussi grand que celui qu’a expérimenté Galilée lorsqu’il a regardé le ciel de nuit avec un petit télescope ».

Le télescope aura des dimensions impressionnantes. Il va mesurer 39 mètres de diamètre et celui de son dôme sera de 85 mètres. Le coût du chantier est estimé à un milliard d’euros.

Quelques années avant de le voir en fonctionnement

Sa mise en service est prévue en 2024. Encore sept ans avant d’admirer les secrets qu’il aura percés au-delà de notre système solaire. Le directeur général évoque également les chances importantes de découvrir des preuves de vie ailleurs grâce à ce nouvel outil novateur.

Seize pays participent au projet, dont la France, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni et bien sûr le Chili. Une belle collaboration pour une nouvelle étape dans la poursuite de l’exploration spatiale, pour espérer trouver de nouvelles réponses.

Il va ainsi succéder au Very Large télescope, alias VLT, qui regroupe quatre « petits » télescopes de 8,2 mètres de diamètre situés au sommet du mont Paranal. Plus la surface du miroir est grande, plus elle collecte de lumière, rendant ainsi plus visibles des objets de faible luminosité, sous-entendu des objets plus lointains.

Ce qui signifie qu’il permettra d’analyser des « étoiles » 25 fois moins lumineuses. De quoi découvrir de nouvelles planètes extra-solaires. En effet, 3600 exoplanètes ont déjà été détectées et confirmées à ce jour, situées au cœur des 100 000 milliards d’étoiles de la Voie Lactée.

Peut-être que des signes de vies extraterrestres seront captés, à travers l’infini mystérieux du cosmos…