La disparition d’une île immortalisée par des images satellites

Le 24 septembre 2013, un terrible tremblement de terre de magnitude 7,7 a dévasté le Pakistan. La catastrophe a provoqué la mort de plus de 800 personnes et la destruction de plus de 21 000 habitations. Au lendemain des secousses, une petite île a émergé des profondeurs, dans la baie de Gwadar, dans la mer d’Arabie.

Elle a été baptisée Zalzala Koh (littéralement « montagne du tremblement de terre » en ourdou, l’une des langues nationales du Pakistan).

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L’île est caractérisée par une composition molle de boue et de roche. Une telle structure est sensible à l’érosion. À moins de deux mois après son apparition, le processus érosif est devenu évident. Vers la fin de l’année 2016, les riverains ont rapporté que l’île n’était plus visible à marée haute.

Une comparaison des images capturées par le satellite Landsat 8 de la NASA au fil des années permet de voir clairement la disparition progressive de l’île.

La masse boueuse pourrait réapparaître

Une image capturée en 2016 montre que la surface de boue est dissimulée sous la mer. Sur un cliché plus récent, pris le 27 avril 2019, elle n’est presque plus visible.

Selon les scientifiques, il est possible que cette île ne disparaisse pas complètement. Elle pourrait même ressurgir des profondeurs. D’autres masses boueuses de la région sont déjà réapparues après avoir été immergées. C’est le cas, par exemple, de l’île de Malan, à l’est, qui est réapparue au moins deux fois après avoir été engloutie.

En tout cas, si elle réapparait, ce ne serait pas avec les mêmes circonstances catastrophiques que lors de sa naissance.

Zalzala Koh est née d’un volcan de boue

Selon les experts, Zalzala Koh est née d’un volcan de boue. « Un volcan de boue se forme lorsque les pressions de fluide deviennent suffisamment grandes pour fracturer les roches sous-jacentes qui scellent ces pressions intenses, permettant ainsi aux boues et aux gaz de ressurgir à la surface », a expliqué le géologue Mark Tingay de l’Université d’Adelaide à l’Observatoire de la Terre à la NASA.

À sa naissance, Zalzala Koh aurait eu environ vingt mètres d’altitude. Des masses de boues similaires existent ailleurs sur la surface du globe. Toutefois, celles de cette région ont la particularité d’être plus volumineuses. Ce serait dû au phénomène de subduction qui se produit entre les plaques tectoniques arabe et eurasienne.

Crédtis NASA