La fermeture des centrales nucléaires pourrait générer 4 milliards de tonnes de CO2 en plus selon l’AIE

L’AIE ou Agence Internationale de l’Energie a publié un rapport le 29 mai dernier mettant en garde les dirigeants du monde entier concernant les conséquences de la fermeture des centrales nucléaires. Selon l’agence, le fait de ne pas prolonger la durée de vie de ces centrales résultera à une émission de 4 milliards de tonnes de CO2 supplémentaires.

Ce cas de figure risque ainsi de menacer les objectifs globaux pour lutter contre le changement climatique.

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Ce rapport est le premier de l’AIE sur l’énergie nucléaire en vingt ans. L’agence y décrit les pertes en énergie à faible émission de carbone due à la fermeture des centrales nucléaires et aux considérations économiques.

D’après l’agence, le nucléaire est une des plus importantes sources d’énergie à faible émission de carbone dans le monde avec un total de 452 réacteurs produisant 2 700 térawattheures d’électricité.

La situation dans les pays développés

Les centrales nucléaires dans les pays les plus développés sont de loin les plus âgées, comme c’est le cas aux États-Unis et dans l’Union européenne. Elles ont en moyenne 35 ans et risquent ainsi d’être mises à la retraite.

25 % des centrales nucléaires des pays avancés seront ainsi mises hors service d’ici 2025. Les États-Unis, l’Allemagne, la France et le Japon feront ainsi partie des pays qui fermeront un grand nombre de leurs centrales dans les prochaines années.

Selon l’AIE, au lieu de construire de nouvelles centrales, il serait de loin plus rentable de prolonger la durée de vie de celles qui existent si l’on cherche une source à faible émission de carbone. Néanmoins, l’agence admet que ce prolongement pourrait être difficile dans les régions qui utilisent déjà d’autres sources d’énergie et où l’électricité est déjà à très bas prix.

Le remède pire que le mal ?

Ce qui inquiète le plus l’AIE c’est que le retrait des centrales nucléaires pourrait rendre difficile l’atteinte de l’objectif d’une faible émission de carbone dans le futur. Cette source d’énergie sera en effet remplacée par le gaz naturel qui est moins cher, mais qui produira une plus grande quantité de CO2. De plus, selon l’agence, la transition vers une énergie propre sans l’énergie nucléaire sera aussi plus chère avec un besoin de 1,6 trillion de dollars d’investissement.

Ce phénomène décrit par le rapport de l’AIE est déjà en train de commencer dans le nord-est des États-Unis. D’après S & P Global Platts, la fermeture des centrales nucléaires dans la région va augmenter la demande en gaz naturel. Selon la compagnie, 16 GW d’énergie nucléaire disparaitront d’ici 2025 dans le pays. Dans ce cas, il faudra dans les 2,7 milliards de pieds cubes de gaz naturel par jour pour répondre à la demande en énergie.

Ce rapport de l’AIE met ainsi en garde les dirigeants sur les conséquences que pourraient entrainer les fermetures prochaines des centrales nucléaires. De leur côté, les politiciens affirment que le nucléaire sera remplacé par d’autres sources d’énergie renouvelable. Dans tous les cas, il faudra choisir la meilleure solution pour ralentir le changement climatique et préserver notre planète.