La gonorrhée revient en force, en partie à cause du sexe oral

L’OMS vient une fois de plus de tirer la sonnette d’alarme. Une souche incurable de gonorrhée est effectivement en train de se répandre à travers les continents et il n’existe à l’heure actuelle aucun traitement pour la soigner ou même freiner son expansion. D’après l’organisation, a propagation de la maladie serait en partie facilitée par le sexe oral.

La gonorrhée – ou la chaude-pisse pour les intimes – accompagne l’humanité depuis plusieurs siècles maintenant. Très présente dans les clapiers, elle est même évoquée à plusieurs reprises dans la Bible.

Danger gonorrhée

Elle s’est cependant faite un peu plus discrète à partir des années 20 grâce aux antibiotiques utilisés par les médecins.

La gonorrhée, une maladie qui accompagne l’humanité depuis longtemps

Toutefois, la maladie est revenue sur le devant de la scène en 1980 lorsque de nombreux spécialistes ont réalisé que l’infection devenait de plus en plus résistante aux traitements utilisés pour la combattre.

Les années suivantes n’ont malheureusement pas été plus clémentes et la gonorrhée a fini par devenir un vrai problème de santé publique.

Cette infection est malheureusement loin d’être anodine et elle peut ainsi déboucher sur une stérilité complète et irréversible chez les deux sexes. Comme souvent, le risque de complication est en outre plus élevé chez la femme et elle peut ainsi conduire à une grossesse extra-utérine ou même déboucher sur des spondylarthrites.

L’OMS a parfaitement conscience de l’ampleur du problème et l’organisation a ainsi choisi de placer plus tôt dans l’année la gonorrhée en tête de la liste des infections à combattre. Elle a en outre appelé l’industrie pharmaceutique à conduire des recherches pour développer de nouveaux traitements.

D’après le dernier rapport rendu par l’organisation, la situation serait cependant plus grave que prévu.

Les médecins et les chercheurs ont mené plusieurs études épidémiologiques ces dernières années et elles ont révélé de nombreux cas de chaude-pisse résistante aux antibiotiques. Pour ne rien arranger, ces cas ne se limiteraient pas à un territoire ou à un continent en particulier et ils toucheraient ainsi un peu plus de soixante-dix pays différents.

Une bactérie de plus en plus résistante

Ces germes étaient tous résistants à la ciprofloxacine, un antibiotique à large spectre très répandu.

En conséquence, les organismes de santé conseillaient aux médecins d’utiliser un nouveau traitement combinant deux antibiotiques différents, et plus précisément de l’azithromycine et des céphalosporines à spectre étendu. Mais voilà, lors d’une étude plus récente, les chercheurs ont réalisé que la gonorrhée résistait de plus en plus à ces deux antibiotiques.

Pire, trois des patients atteints par la maladie ont même développé une résistante complète et totale à toute forme de traitement. Des patients vivant au Japon, en Espagne et en France.

Pour ne rien arranger, les cas se sont multipliés ces dernières années et on dénombre ainsi plus de 70 millions de nouvelles infections chaque année.

Ce chiffre est impressionnant, mais il n’est pas uniquement imputable à la résistance accrue de la gonorrhée. En réalité, d’après les experts de l’OMS, le problème viendrait principalement du fait que le préservatif est de moins en moins utilisé. En outre, d’après Teodora Wi, la chaude-pisse ne se limiterait pas aux organes génitaux et la bactérie responsable de l’infection serait tout à fait capable de vivre dans la gorge des personnes infectées.

Le sexe oral participerait même largement à sa propagation. Peu de couples ont en effet le réflexe d’utiliser un préservatif dans ces circonstances.

En l’état actuel des choses, l’OMS recommande donc aux personnes sexuellement actives de se faire dépister et d’utiliser des préservatifs lors de leurs rapports sexuels.