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La Hadopi n’arrive plus à suivre… mais elle ne compte pas baisser les bras pour autant

La Hadopi a rendu un nouveau rapport le 22 janvier dernier. Très alarmiste, il explique en substance que l’organisation est de plus en plus dépassée par les nouvelles techniques utilisées par les pirates, des techniques comme le streaming, le téléchargement direct ou encore l’IPTV.

Créée  en 2009, la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur internet était censée enrayer le piratage en s’appuyant sur plusieurs dispositifs différents, comme la riposte graduée.

Dix ans plus tard, et après quelques changements d’identité visuelle, le bilan est loin d’être positif.

La Hadopi confrontée à de nombreuses difficultés techniques

D’après le dernier rapport rendu par la Haute Autorité, les techniques utilisées par les pirates ont connu une véritable mutation en l’espace de quelques années. Emule a en effet beaucoup perdu de sa superbe, de même pour les trackers torrents.

Désormais, les adeptes des téléchargements illégaux préfèrent en effet utiliser d’autres méthodes comme le téléchargement direct ou même le streaming de films et de séries. Un véritable problème pour la Hadopi, dans la mesure où ces réseaux sont bien moins faciles à surveiller.

Selon les chiffres récoltés par l’organisation, les pirates passeraient le plus souvent par le streaming (68 %), les téléchargements directs (42 %) ou encore la récupération directe de fichiers auprès d’un tiers (42 %).

Les échanges de pair à pair seraient pour leur part en chute libre (35 %).

À noter que ces chiffres résultent d’une enquête menée par Mediamétrie en mars 2018.

Les pirates de plus en plus friands de streaming et de téléchargements directs

Pour ne rien arranger, les pirates utilisent de plus en plus des DNS alternatifs à ceux de leur opérateur afin de contourner les mesures de blocage prises par les autorités. Les VPN sont également devenus devenus très populaires, rendant le travail d’identification plus compliqué pour les techniciens de la Haute Autorité.

La Hadopi n’hésite d’ailleurs pas à prendre des raccourcis assez surprenants. Elle indique en effet dans son rapport que « le développement des services de VPN montre que le marché des services gravitant autour des pratiques illicites se porte bien ». À croire que seuls les pirates utilisent des VPN.

Pour la Haute Autorité, la situation est donc critique. Elle estime en effet qu’en 2018, environ 35 % des internautes âgés entre 15 et 69 ans ont consommé au moins un bien culturel de manière illégale durant les douze mois de l’année. En revanche, elle reconnaît aussi que les internautes en question ne se dirigent pas systématiquement vers des contenus illégaux. Leur consommation serait en effet mixte.

Mais alors, que faire ? Selon la Hadopi, il est indispensable de prendre en compte ces nouvelles techniques de piratage afin de mettre en place des solutions plus adaptées aux nouveaux usages.

La faute aux forums et aux réseaux sociaux

À la fin de son dossier, la Haute Autorité pointe notamment du doigt les forums ou les réseaux sociaux en indiquant que ces plateformes facilitent directement la consommation de contenus illicites en fournissant aux internautes des tutoriels ou des astuces. Elle reproche également à certains outils comme Kodi de faciliter l’accès aux contenus illégaux. Des reproches qui n’ont rien de surprenant puisque la solution en question doit faire face depuis plusieurs mois à une véritable levée de boucliers au Royaume-Uni et sur les marchés anglosaxons.

Il convient cependant de rappeler que les difficultés rencontrées par la Hadopi ne datent pas d’aujourd’hui. En 2015, Le Monde avait ainsi épinglé les chiffres liés à la réponse graduée mise en place par la Haute Autorité.

Des chiffres parlant d’eux-mêmes. En l’espace de cinq ans, le bilan de la Hadopi comprenait 5 classements sans suite, 18 rappels à la loi et seulement 32 condamnations, avec des amendes allant de 50 à 1000 €.

Des amendes loin de couvrir les dépenses liées à l’organisation.

Comme l’expliquait RTL en 2016, la Hadopi bénéficiait effectivement d’un budget de 9 millions d’euros à l’époque. Un budget augmenté par notre ancien président lors de son mandat.

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