La Lune, bientôt considérée comme une planète ?

La NASA s’intéresse beaucoup à la Lune, mais également à plusieurs autres satellites en ce moment. Plusieurs chercheurs travaillant pour l’agence estiment en effet que la Lune, Europe et Ganymède présentent des caractéristiques proches de celles des planètes. Mieux, ils pensent même qu’il devient impératif de redéfinir leur statut.

Un système stellaire se compose de plusieurs éléments distincts : une étoile et plusieurs objets célestes gravitant autour d’elle. Ces fameux objets peuvent être de différentes natures.

Lune Planète

La Lune, cette planète qui s’ignore.

Dans notre système, les astronomes comptent pas moins de huit planètes différentes : Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. Pluton, elle, a été reléguée au rang de planète naine en 2006.

L’Union Astronomique Internationale, en charge de la nomenclature du système solaire

En astronomie, une planète naine est un objet de classe intermédiaire venant se classer entre une planète et un petit corps comme un astéroïde. Le terme n’a pas été adopté par la NASA, mais par l’Union Astronomique Internationale. Ou UAI pour les intimes.

Cette association ne dépend ni des nations ni des gouvernements. Elle est exclusivement formée par des astronomes professionnels détenteurs d’un doctorat. Différentes missions lui incombent, à commencer par la nomenclature de tous les corps célestes et de leurs caractéristiques.

Pour qu’une planète naine soit considérée comme telle, il faut qu’elle respecte au moins trois règles différentes : elle doit être en orbite autour du Soleil, elle doit posséder une masse suffisante pour que sa gravité la maintienne en équilibre et elle ne doit pas avoir fait place nette dans son voisinage orbital.

La Lune ne respecte pas ces conditions bien entendu et elle ne vient donc pas se ranger dans cette catégorie, mais dans celle des satellites naturels. Elle n’est évidemment pas la seule dans ce cas. Jupiter, par exemple, en possède plusieurs : Ganymede, Europe, Thébé, Himalia ou même Carmé en font partie. Uranus se trouve elle aussi en bonne compagnie.

Alan Stern estime qu’un corps n’a pas besoin d’être dans l’orbite d’une étoile pour être considéré comme une planète

Alan Stern se passionne pour le système solaire depuis longtemps et il lui a même dédié sa vie professionnelle. Après avoir suivi un cursus à l’Université du Colorado, il est effectivement entré à la NASA comme astronome et planétologue. Extrêmement influent dans son domaine d’activité, il est reconnu par ses pairs et cela n’a rien de surprenant, car il a en charge la mission New Horizons. Une véritable sommité, donc.

Alan Stern et cinq de ses collègues ont publié un manifeste récemment afin de pousser l’UAI à réviser les critères utilisés pour déterminer la nature des planètes. Pour ces chercheurs, les mondes n’ont effectivement pas besoin d’orbiter autour du Soleil pour être considérés comme des planètes et ils demandent donc la suppression de ce critère.

Pour quelles raisons ? Tout simplement, car de nombreuses personnes estiment que les corps secondaires ne sont pas suffisamment intéressants pour être étudiés. Pour la fine équipe, il est donc impératif de faire preuve d’un peu plus de souplesse.

L’UAI examinera prochainement leur proposition. Si l’organisation accède à leur demande, alors notre système pourrait hériter subitement d’une centaine de planètes supplémentaires, naines ou pas.

La Lune pourrait en faire partie.

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