La Lune et ses cratères en disent long sur l’histoire de la Terre

Des scientifiques pensent que la Terre et la Lune ont eu le même taux de bombardement de météorites au cours des deux à trois derniers milliards d’années. Ils estiment que les deux corps célestes ont subi le même nombre d’impacts. Pour comprendre une partie de l’histoire de notre planète, les chercheurs se sont basés sur l’âge des cratères sur la Lune.

La nouvelle méthode consiste à les dater et, ensuite, à les comparer.

Lune Clignote

Au fil des millénaires, la Terre a connu l’assaut des centaines d’astéroïdes, qui ont laissé des cratères d’impact. Cependant, bon nombre de ces marques ont été effacées progressivement par l’érosion et les mouvements tectoniques. C’est ce qui rend l’étude difficile. Seuls les cratères récents ont été conservés, c’est-à-dire ceux qui datent de trois cents à six cents millions d’années.

Contrairement à la Terre, la Lune n’a pas d’activité tectonique. Dépourvue d’atmosphère, sa surface peut conserver la mémoire de près de quatre milliards et demi d’années de collisions avec des astéroïdes.

Elle constituerait ainsi un parfait miroir de l’activité météoritique terrestre.

Pour comprendre le flux d’impact dans le Système solaire

« Entre 650 et 300 millions d’années, on n’a observé que peu de cratères à cause de l’érosion, parce que le flux d’impact était plus faible », a déclaré William Bottke, planétologue au Southwest Research Institute de Boulder, dans le Colorado. En plus, Christian Koeberl, un planétologue, de l’Université de Vienne, en Autriche, a souligné que « la nouvelle méthode est intéressante. » « Elle constitue un important pas en avant dans notre compréhension du flux d’impact dans le Système solaire ».

Les cratères lunaires et terrestres supérieurs à vingt kilomètres, nés au cours des six cent cinquante derniers millions d’années, ont des formes similaires. Ces récentes découvertes pourraient aider les chercheurs à mieux comprendre l’évolution de la vie au Phanérozoïque, notre ère géologique actuelle et sur l’histoire de la vie, comme l’extinction et l’évolution des nouvelles espèces.

Les éjectas inférieurs à un milliard d’années sont appelés les cratères coperniciens. Leur caractère rocheux est un moyen alternatif d’estimation. Les cratères récents dont les fragments ne dépassent pas d’un mètre sont faciles à détecter par rapport aux anciens dont les fragments sont érodés.

En vieillissant, les cratères deviennent moins rocheux. Au bout d’un milliard d’années, les roches se transforment en régolithe recouvrant la surface de la Lune.

« L’étude des dépressions qui ponctuent la surface du globe s’avère en réalité possible par le biais de celles qui recouvrent… la Lune », a expliqué Sara Mazrouei, coauteure de l’étude menée par Rebecca Ghent et publiée dans la revue Science. Les pierres géantes de la Lune sont caractérisées par une certaine inertie thermique et restent chaudes toute la nuit. Par contre, les régolithes qui sont de fines particules de sable perdent leur chaleur rapidement.

La datation se fait en enregistrant le nombre et la taille des éjectas qui sont des matériaux en superposition déplacés par l’impact. La méthode prend du temps et peut être limitée par la disponibilité et la qualité des images. Elle est basée sur les données de température de l’instrument « Luniner Reconnaissance Orbiter’s Diviner ».

Des géologues canadiens ont recensé les cratères lunaires de moins d’un milliard d’années, avec plus de dix kilomètres de diamètre. Ceux-ci sont au nombre de cent onze et leur répartition temporelle est tout à fait irrégulière.

Une augmentation du nombre d’astéroïdes en direction de la Terre

« Nous avons observé une augmentation du nombre d’impacts de 2,6 il y a deux cent quatre-vingt-dix millions d’années », révèle Sara Mazrouei.

La cause de cette augmentation du taux de bombardement est encore inconnue.

« La cause probable de ce sursaut soudain pourrait être la collision d’éléments présents au sein de la ceinture principale d’astéroïdes. Situés dans une région entre Mars et Jupiter, les débris sont projetés vers le centre du Système solaire », a toutefois avancé William Bottke.

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