La mère d’un enfant mort-né adresse une lettre déchirante aux géants du web

Tout internaute qui utilise un tant soit peu régulièrement les plateformes sociales a sans doute déjà eu affaire aux publicités ciblées. Ces dernières se basent généralement sur nos interactions en ligne pour nous proposer des services ou des produits pouvant nous intéresser.

Sur le papier, tout va bien… jusqu’au moment où cette fonction finit par verser dans une forme de harcèlement électronique.

Justement, le cas d’une mère qui a accouché d’un enfant mort-né est l’un des exemples les plus poignants du revers de la médaille de ces algorithmes. A travers une lettre qui fait actuellement le buzz sur les médias sociaux, elle dépeint non sans peine et sans amertume le calvaire, voire même l’enfer, que ces publicités ciblées lui infligent jour après jour.

Car si les publicités ciblées ont été le quotidien de la malheureuse mère pendant qu’elle attendait son heureux évènement, ces dernières la suivent encore –et toujours de la même façon– même maintenant qu’elle a perdu son enfant.

« Chers géants du web. Je sais que vous saviez que j’étais enceinte… »

C’est ainsi que commença la lettre que Gillian Brockell adressa à Facebook, Twitter et consorts le mardi 11 décembre 2018 à travers Twitter.

La femme explique comment – à l’instar de nombreuses futures mamans modernes – elle a fait largement savoir sur les réseaux sociaux qu’elle attendait un enfant.

Non seulement elle a cliqué sur des hashtags sur Instagram, mais elle a aussi créé un évènement pour la fête au cours de laquelle elle a annoncé sa grossesse à ses amies.

En parallèle, il y a aussi ces nombreuses commandes qu’elle a passées en ligne pour se préparer matériellement à l’arrivée de son enfant.

Les géants du web n’ont pas compris le message

Elle continue sa lettre ainsi : « Mais ne m’avez-vous pas également vu rechercher ‘fausses contractions’ ou ‘le bébé ne bouge plus’ ? (…) Si vos algorithmes sont suffisamment intelligents pour comprendre que j’étais enceinte, ou que j’ai accouché, ils sont sûrement suffisamment intelligents pour réaliser que mon bébé est mort et pour ne plus me proposer des publicités en conséquence. Ou alors peut-être simplement plus du tout. »

Malgré les dizaines de milliers de partages sur Twitter, Gillian Brockell déplore que rien n’ait vraiment changé depuis la publication de cette lettre.

Si avant, elle continuait de recevoir des suggestions pour des objets pour enfants, depuis le mercredi 12 décembre 2018, ce sont désormais… des publicités pour l’adoption qu’elle voit apparaître sur son compte Facebook.