La NASA a découvert un trou de glace presque aussi grand que Manhattan

Depuis des décennies, les scientifiques savent qu’une cavité est en train de se former dans le glacier Thwaites, en Antarctique. Néanmoins, à l’issue d’une récente étude, une équipe internationale estime que le trou s’élargit beaucoup plus vite prévu. À l’heure actuelle, il mesurerait à peu près deux tiers de la ville de Manhattan et atteindrait mille pieds de profondeur. Les chercheurs pensent qu’environ quatorze milliards de tonnes de glace auraient fondu au cours des trois dernières années.

L’équipe ayant réalisé la nouvelle étude a été menée par des chercheurs du Jet Propulsion Laboratory de la NASA.

Trou Glace

Crédits NASA

Elle a rassemblé des scientifiques de l’Université de Californie à Irvine, du Centre aérospatial allemand et de l’Université française Grenoble Alpes. Les observations ont révélé que le glacier de Thwaites est sujet à « différents mécanismes de retraite ».

Les résultats de l’étude ont été publiés mercredi dernier dans la revue Science Advances.

L’équivalent de quatorze milliards de tonnes de glace 

Afin de recueillir suffisamment de données, l’équipe a utilisé une flotte de satellites et d’avions équipés d’un radar permettant de sonder à travers la glace. Ces instruments ont permis la collecte de données sur les changements de Thwaites entre 1992 et 2017. La recherche a été effectuée dans le cadre de l’opération IceBridge de la NASA.

Pietro Milillo, chercheur en radar au Jet Propulsion Laboratory de la NASA, est l’auteur principal de l’étude. Pour cet expert, il s’agit d’une « découverte troublante ». « Ce trou est suffisamment grand pour contenir 14 milliards de tonnes de glace », a-t-il expliqué à Motherboard. « Pour comparer ces chiffres à l’échelle humaine, 1 milliard de tonnes représente la consommation d’eau de la ville de Los Angeles en un an. »

Différents mécanismes de retraite

Selon les résultats de l’étude, les différents mécanismes de retraite seraient liés à différents facteurs. Certaines causes seraient associées à la topographie, d’autres seraient en rapport avec l’amincissement de la glace.

Il y aurait également la fonte provoquée par des masses d’eau de mer chaude et salée. « Les interactions glace-océan sont plus complexes qu’on ne le pensait auparavant », a noté Milillo.

En outre, à chaque instant, la quantité de glace qui fond augmente puisque l’eau et la chaleur sont emprisonnées sous le bloc.

Mililo espère que la prochaine génération de satellites soit « capable de fournir des mesures plus précises et plus fréquentes sur l’ensemble de l’Antarctique et du Groenland ».