La NASA a détruit des bobines retrouvées dans une cave

La NASA a retrouvé dans la cave d’un ancien ingénieur plus de trois cents bobines datant de l’époque des années 60. Après les avoir fait expertiser, l’agence spatiale a finalement décidé de les détruire.

En 2015, un homme résidait à Pittsburgh a trouvé la mort. L’héritier direct a alors fait venir un récupérateur sur place pour faire le tri dans les affaires de son défunt père. L’homme a eu la surprise de trouver dans la cave deux immenses ordinateurs datant des années 60 et un peu plus de trois cents bandes magnétiques.

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Le récupérateur a poussé plus loin ses investigations et il a alors trouvé sur les ordinateurs des étiquettes évoquant leur appartenance à la NASA.

325 bobines ont été retrouvées dans la cave d’un ancien ingénieur

Il a immédiatement téléphoné à l’agence spatiale américaine pour la prévenir de la découverte. Cette dernière a envoyé deux représentants sur place pour examiner les artefacts et les authentifier. Les bandes ont ensuite été transférées dans ses locaux.

L’affaire était passée totalement inaperçue à l’époque, mais elle a fini par attirer l’attention des médias. Bien décidés à faire toute la lumière sur cette étrange affaire, Motherboard et Ars Technica ont donc fait une demande officielle dans le cadre de la loi sur la liberté d’information.

La NASA leur a alors fait parvenir tous les rapports relatifs à cette étonnante histoire et nos confrères ont ainsi pu reconstituer une partie de l’histoire.

L’ingénieur décédé a bien travaillé pour l’agence dans les années 60-70 et il a eu la possibilité de récupérer les deux ordinateurs lorsque cette dernière a modernisé ses installations. Les bobines, pour leur part, font référence à plusieurs missions spatiales, et notamment Pioneer 8, Pioneer 9, Pioneer 10 et Pioneer 11.

Lancées entre 1958 et 1978, ces sondes ont été les premières à être lancée par les Etats-Unis et elles avaient essentiellement pour but d’explorer le système solaire. Certaines sont ainsi parties en direction de la Lune, d’autres de Jupiter, Saturne ou encore Vénus.

D’autres bandes faisaient allusion aux missions Helios-1 et Helios-2.

Ces deux sondes ont été lancées dans les années 70 et elles ont été placées dans l’orbite du Soleil. Pendant deux ans, elles ont observé notre étoile et elles nous ont aidés à mieux comprendre les phénomènes comme les champs magnétiques, les rayons cosmiques ou même les vents solaires.

Les autres bobines n’étaient pas étiquetées pour leur part.

Les bobines étaient irrécupérables

Pendant plusieurs mois, la NASA a tenté de découvrir ce qui se trouvait sur ces bandes, sans succès. Elles étaient en effet trop endommagées par les moisissures pour pouvoir être lues. Des moisissures présentant un risque sévère pour la santé selon l’archiviste en charge du dossier.

Face à la situation, ce dernier a donc recommandé de procéder à la destruction de toutes ces bandes.

La Direction générale de la gestion de l’approvisionnement et de l’équipement du centre Goddard a donc fait parvenir les 325 bobines trouvées au domicile de l’ancien ingénieur à UNICOR, une entreprise spécialisée dans le recyclage de matériaux sensibles.

Quant aux ordinateurs, ils n’ont pas bougé et ils se trouvent ainsi toujours dans le sous-sol de la maison de l’homme.

En attendant, cette histoire en fera sans doute sourire certains. Il faut en effet rappeler que la NASA a annoncé en 2006 avoir égaré toutes les bandes de la mission Apollo 11, des bandes contenant les enregistrements des séquences tournées par Armstrong et Aldrin lors de leur petite balade à la surface de la Lune.

L’agence a donc dû récupérer ces enregistrements auprès des chaînes de télévision qui avaient diffusé à l’époque ces séquences historiques.

A l’époque, un représentant de la NASA avait laissé entendre que ces fameuses bandes avaient été écrasées par d’autres enregistrements afin de réduire les coûts. Les bobines coûtaient effectivement très cher à l’époque et l’agence avait donc l’habitude de copier les nouveaux enregistrements sur les anciens pour rester dans son budget.

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