La NASA a une nouvelle idée pour protéger la Terre des astéroïdes

Lorsque le météore de Tcheliabinsk (d’un diamètre de 15 à 17 m) s’est fragmenté dans l’atmosphère terrestre le matin du 15 février 2013, l’onde de choc a provoqué de nombreux dégâts matériels et blessé près d’un millier de personnes, principalement à Tcheliabinsk.

Pour éviter qu’une telle catastrophe ne se produise à nouveau, Amy Mainzer, une astronome américaine, et ses collègues ont mis au point une méthode simple, mais ingénieuse pour repérer les objets géocroiseurs, ou NEO (de l’anglais Near Earth Object), qui se dirigent vers notre planète.

Simulateur astéroïdes

Crédits Pixabay

Un nouveau moyen plus efficace pour détecter les astéroïdes dangereux

Amy Mainzer travaille au Jet Propulsion Laboratory de la NASA, à Pasadena, en Californie. Elle est l’investigatrice principale de la mission de chasse aux astéroïdes de la NASA, la Planetary Defense Coordination Office. Avec son équipe, ils ont mis au point une méthode de reconnaissance de NEO qui contribuera aux efforts de prévention des futurs impacts d’astéroïdes sur la Terre.

« Si nous détectons un objet à seulement quelques jours de l’impact, cela limite grandement notre champ d’action. Par conséquent, dans nos efforts de recherche, nous nous sommes concentrés sur la recherche de NEO lorsqu’ils sont plus éloignés de la Terre, offrant ainsi un maximum de temps de réaction et un plus large champ d’action. », a déclaré Mainzer.

Mais détecter un NEO est une tâche très difficile, c’est comme essayer de voir un morceau de charbon dans le ciel nocturne, explique Mainzer. « Les NEO sont intrinsèquement très difficile à détecter, car ils sont pour la plupart très petits et loin de nous dans l’espace », dit-elle. « Ajoutez à cela le fait que certains d’entre eux sont aussi sombres que le toner d’une imprimante, et il devient très difficile d’essayer de les repérer dans le noir de l’espace. »

Au lieu d’utiliser leur lumière visible pour repérer plus facilement les astéroïdes proches de la Terre, l’équipe de Mainzer au Jet Propulsion Laboratory a mis au point une méthode qui exploite une signature caractéristique des NEO, leur chaleur. En effet, le soleil réchauffe les astéroïdes et les comètes, ce qui les fait biller sous l’action des longueurs d’onde thermiques (infrarouges), les rendant ainsi plus facilement détectables avec le télescope NEOWISE (Near-Earth Object Wide-field Infrared Survey Explorer).

Une méthode pour déterminer la taille et la composition des NEO

Grâce à leur nouvelle méthode, Mainzer et ses collègues peuvent découvrir les propriétés de la surface d’un NEO, ce qui leur permet d’avoir une idée de la taille et de la composition des objets, deux éléments cruciaux dans la mise en place d’une stratégie de défense contre un NEO qui menace la Terre. Une stratégie défensive serait par exemple « d’éloigner » physiquement un NEO d’une trajectoire de collision avec la Terre. Et pour calculer l’énergie nécessaire pour une telle déviation, on a besoin de connaître la masse du NEO, en d’autres termes sa taille et sa composition.

D’après les astronomes, pouvoir examiner la composition des astéroïdes aidera également à comprendre comment le système solaire s’est formé. « Ces objets sont intrinsèquement intéressants, car on pense que certains d’entre eux sont aussi vieux que le matériau d’origine qui composait le système solaire », a déclaré Mainzer.

Pour la suite, Mainzer et ses collègues vont proposer à la NASA un nouveau télescope, le Near-Earth Object Camera (« Caméra pour les objets proches de la Terre »), en abrégé NEOCam. Ce nouveau télescope spatial permettra d’effectuer un travail beaucoup plus complet de cartographie des emplacements des astéroïdes et de mesure de leurs tailles.

D’autres missions de détection et de destruction des NEO

La NASA n’est pas la seule agence spatiale à étudier sérieusement les astéroïdes. L’agence américaine collabore en effet avec la communauté spatiale mondiale dans le cadre d’un effort international visant à défendre la planète contre les impacts de NEO. La Japan Aerospace Exploration Agency (JAXA) a par exemple initié la mission Hayabusa 2 qui prévoit de collecter des échantillons d’un astéroïde.

D’autre part, SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk vient de décrocher un contrat de 69 millions $ avec la NASA, dans le cadre d’une mission baptisée DART (Double Asteroid Redirection Test). L’objectif de cette mission est de lancer une fusée vers un astéroïde afin d’utiliser l’énergie cinétique de l’impact pour le détourner de sa trajectoire.