La NASA envisage d’envoyer des ballons dans l’atmosphère de Vénus

D’après le géologue Paul Byrne, de l’Université d’État de Caroline du Nord à Raleigh, Vénus est bien la sœur de la Terre, mais pas sa jumelle.

Bien qu’elles présentent des similitudes, les deux planètes ont emprunté deux chemins très différents. L’atmosphère de Vénus est tellement hostile que les chercheurs n’ont jamais eu l’occasion d’étudier les caractéristiques du sol vénusien. À cause de la température et la pression à sa surface, il est inconcevable qu’un atterrisseur puisse y rester longtemps.

Venus Vie

En 1985, l’Union soviétique avait réussi à faire survoler deux ballons d’hélium à cinquante kilomètres au-dessus de la surface de Vénus durant deux jours et demi. Cela a été possible, car, à cette altitude, les conditions atmosphériques sont assez hospitalières.

À cette époque, la mission soviétique était limitée par l’autonomie des piles qui faisaient fonctionner les ballons.

Des scientifiques de la NASA veulent suivre les pas des chercheurs russes, mais cette fois-ci, dans l’objectif d’étudier les ondes sismiques de la planète.

Un séisme artificiel dans le désert du Nevada

Le 19 décembre dernier, des scientifiques du Département américain de l’énergie ont provoqué un tremblement de terre dans le désert. L’essai a eu lieu près de Pahrump, dans le Nevada.

Concrètement, ils ont déclenché une explosion chimique de cinquante tonnes à environ trois cents mètres de profondeur. L’idée était de générer un séisme artificiel de magnitude trois ou quatre.

L’objectif de l’expérimentation consistait à mesurer la capacité de l’agence spatiale américaine à détecter les explosions nucléaires souterraines. En parallèle, les scientifiques ont disposé deux ballons à environ cent mètres du sol. L’un était attaché et l’autre flottait tout simplement. Chacun était équipé de baromètres permettant de repérer les variations de la pression atmosphérique et de détecter les ondes infrasons. Ces dernières des vibrations sonores à basse fréquence pouvant être décelées par l’ouïe humaine.

Des secrets sortis des entrailles de Vénus

« Nous n’avons jamais effectué de mesure sismique directe sur Vénus », déclare Siddharth Krishnamoorthy, membre de l’équipe d’expérimentations du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA à Pasadena, en Californie. « Il y a beaucoup de ballons que nous pouvons offrir pour résoudre certaines questions majeures concernant la planète ».

Il faut envisager la possibilité que le sol de Vénus soit dépourvu de secousses. Toutefois, selon les calculs des chercheurs, la chaleur devrait toujours essayer de s’échapper de la planète. En effet, bon nombre d’experts estiment que Vénus n’a pas de tectonique de plaque, ce qui augmente la probabilité que sa surface soit propice à des tremblements de terre.

À terme, cette technologie devrait révéler des secrets sortis des entrailles de Vénus. Elle devrait également aider les chercheurs à mieux comprendre l’histoire de « l’étoile du berger », de celui de la Terre et des planètes situées hors du système solaire.

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