La probité de Huawei et ZTE remise en cause par le directeur du FBI

Le bruit courait depuis quelques temps que le gouvernement US avait encouragé AT&T et Verizon (deux géants américains des télécoms) à ne pas céder aux sirènes de Huawei et ZTE. Et la rumeur était justifiée, comme nous l’apprend aujourd’hui Cnet. Le média indique en effet que Huawei s’apprêtait il y un peu plus d’un mois – à l’occasion du CES – à lever le voile sur un partenariat conclu avec AT&T. Partenariat qui lui aurait notamment permis d’écouler ses Mate 10 avec plus d’aisance sur le sol américain, où l’essentiel des achats de smartphones se fait par l’intermédiaire des opérateurs en téléphonie mobile.

Malheureusement pour le géant chinois, qui peine toujours à s’imposer aux États-Unis, le deal est tombé à l’eau suite aux discrètes mises en garde du gouvernement américain à son encontre. Une situation, et surtout des inquiétudes, corroborée(s) mercredi par Chris Wray (directeur du FBI) auprès du Sénat.

Le directeur du FBI, Chris Wray, voit d’un très mauvais œil Huawei et ZTE et l’a fait savoir auprès du Sénat américain. Selon lui, le mieux reste de ne pas acheter de smartphones proposés par ces deux constructeurs.

L’intéressé a effectivement fait part aux membres du Senate Intelligence Committee de ses recommandations vis-à-vis de Huawei et ZTE. Des directives finalement simples à appréhender puisqu’en clair le directeur du FBI déconseille fortement l’achat de smartphones produits par les deux géants chinois.

Le FBI et son directeur ne font pas confiance à Huawei et ZTE

Au-delà de ces recommandations, validées à l’unanimité par les 6 membres du Senate Intelligence Committee, Chris Wray déclare : « Nous sommes profondément préoccupés par les risques de laisser une société ou une entité – redevable à des gouvernements étrangers qui ne partagent pas nos valeurs – obtenir une position de force dans nos propres réseaux de télécommunications« , et ajoute que cette position de force pourrait permettre à Huawei et ZTE « d’exercer une pression ou un contrôle sur les infrastructures de télécommunications [américaines] ».

Toujours selon le directeur du FBI, laisser le champ libre à Huawei et ZTE reviendrait à leur offrir « la capacité de modifier ou de voler des informations à des fins malveillantes » et à leur donner « la capacité de mener des activités d’espionnage non détectées« .

Si les porte-parole de ZTE restent pour l’heure silencieux face aux suspicions du FBI, Huawei a pour sa part tenu à s’exprimer par l’intermédiaire de William Plummer (Vice président délégué aux affaires extérieures de la compagnie).

La firme estime que l’on statue injustement sur son cas et met notamment en avant la confiance que lui accordent les nombreux pays dans lesquels elle est implantée. Plummer déclare ainsi : « Huawei a la confiance des gouvernements et de ses clients dans 170 pays à travers le monde, et connecte un tiers de la population mondiale » et ajoute : « La vie privée et la sécurité sont d’une importance cruciale pour nous tous aujourd’hui et nous devons tous veiller à protéger nos données personnelles, familiales et professionnelles de toute compromission« .

Il met aussi en garde les gouvernements sans s’attaquer frontalement à l’administration américaine : « Dans un monde où les technologies de l’information sont le produit de chaînes de production globales, les autorités devraient veiller à ne pas [discréditer] une marque par rapport aux autres. Ce serait au mieux trompeur, au pire, dangereux« .

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