La revanche des cafards contre la zombification par les guêpes

Dans une étude publiée il y a quelques mois dans la revue Brain, Behavior and Evolution, des combats entre deux petites bêtes ont captivé les scientifiques. Il s’agit de la guêpe émeraude et de la blatte américaine.

La guêpe émeraude ou ampulex compressa est un parasite ayant la capacité de rendre sa victime, la blatte américaine en l’occurrence, à l’état de zombie.

cafard

Crédits Pixabay

Cette « zombification » se fait par le biais d’une neurotoxine qui agit sur le cerveau du cafard comme une drogue. Ainsi, contrairement aux zombies humains qui sont dépeints comme des cadavres ambulants, le cafard, lui, est toujours vivant, mais semble être dépourvu de comportements volontaires.

Si longtemps, on a pensé que les cafards n’avaient aucune chance de s’en tirer lors de ces affrontements, de nouvelles recherches ont tout de même montré qu’ils ne sont pas dépourvus de moyens de défense.

Un scénario digne d’un film d’horreur

Lorsqu’une guêpe émeraude croise la route d’une blatte américaine, elle applique toujours la même stratégie d’attaque.

La guêpe commence ainsi par immobiliser les pattes avant de sa victime en la piquant une première fois. Ensuite, l’insecte lui injecte la neurotoxine avec une deuxième piqûre dans son cerveau. La guêpe émeraude n’a plus qu’à tirer sa proie et la conduire dans son nid pour la mettre à mort.

Une fois la blatte prisonnière, il ne reste plus à la guêpe qu’à se délecter du sang de celle-ci puis à pondre un œuf sur le corps de son otage avant de s’en servir pour nourrir ses larves.

Les blattes ne se laissent pas faire

Ken Catania, professeur de sciences biologiques à l’université Vanderbilt au Tennessee, a mené une étude sur les comportements défensifs adoptés par les blattes. L’étude de Catania consistait à filmer des combats entre les guêpes et les gardons. Il semblerait que ces derniers se dressent et utilisent leurs pattes arrière, dotés d’épines pour frapper la tête de la guêpe et décourager celle-ci à poursuivre son attaque.

Lorsque l’ampulex surprend sa cible et que cette dernière n’a pas le temps d’agir, alors il y a généralement peu de chance que la blatte puisse survivre à l’assaut. Par contre, si celle-ci a le temps de se mettre en position de garde et prévenir les attaques, ses chances de survie se trouvent augmentées.

La vidéo montre que 63 % des blattes adultes réussissaient à se protéger grâce à cette technique de défense. Les plus jeunes, malheureusement, sont plus démunis face à leur adversaire.

En tout cas, cette étude nous montre une nouvelle fois à quel point la nature peut être fascinante et terrifiante à la fois.