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La véritable histoire des Geisha

Il y a une stigmatisation de longue date qui plane sur les Geisha japonaises. Quand quelqu’un pense à une Geisha, il pense automatiquement à une prostituée de luxe ou une call-girl. Mais cela est loin d’être la vérité. Les Geisha sont en réalité des artistes, et elles sont formées rigoureusement dans l’art, la musique et la danse.

Si vous traduisez Geisha en français, vous obtenez « artiste ».

Geisha

Une Geisha n’est pas une prostituée

Être une Geisha est un honneur pour les filles qui, lorsqu’elles deviennent des Geisha à part entière, s’appellent alors « Geiko ». Si une fille commence sa formation pour devenir une geisha avant l’âge de 21 ans, elle est appelée « Maiko », ce qui signifie enfant danseuse. Une fille ou une femme peut aussi devenir une Geisha même si elle n’était pas une Maiko, mais si elle a été une Maiko, elle aura alors beaucoup plus de prestige.

Parce que la Geisha est très convoitée, les prostituées se sont fait appeler Geisha pour attirer plus de clients, d’où la confusion. Mais il y a une nette différence entre les deux, et c’est leur tenue vestimentaire. Les deux filles portent un kimono, et sur leur kimono il y a un obi (une ceinture). Mais alors que la Geisha attache son obi dans le dos, la prostituée elle l’attache à l’avant. Il y a une raison simple à cela, vous ne pouvez pas l’attacher vous-même si c’est dans le dos, et si vous êtes une prostituée, vous allez devoir l’attacher et le détacher tout au long de la journée. Cependant, les prostituées ont souvent porté le nom de « Geisha girls », ou « panpan girls », et elles servaient souvent des militaires américains. La vraie Geisha elle n’a JAMAIS de relations sexuelles rémunérées avec des clients.

Ne sont-elles pas des courtisanes ? Non, elles ne le sont pas. Certes, pour augmenter ses gains ou devenir indépendante, une geisha a besoin d’un protecteur, nommé « danna », un homme riche qui lui fait divers cadeaux. Mais ce n’est pas pour autant qu’elle deviendra intime avec ce dernier, bien qu’elles le fassent très probablement. Le danna couvre toutes ses dépenses, un peu comme une maîtresse, mais leur relation reste confuse. Il faut également noter qu’une geisha, même après avoir terminé sa formation, continuera à suivre des cours.

Alors, comment devient-on une geisha ?

Certaines filles ont été vendues aux « okiya », maisons geisha, mais ce n’était pas courant dans les districts les plus réputés (un district de geisha s’appelait « hanamachi »). Les filles de geisha devenaient généralement geisha elles-mêmes, et devenaient les successeures, « atori », de la maison geisha.

Au cours de la première étape de la formation, les filles étaient utilisées comme domestiques et devaient faire tout ce qu’on leur disait. Cette étape de la formation s’appelait « shikomi ». La plus jeune de toutes les filles, ou la plus récente de la maison, devait attendre jusqu’à ce que la geisha la plus âgée rentre chez elle afin de l’aider à se préparer pour aller au lit. Cela pouvait être aussi tard que 2 ou 3 heures du matin. Aussi pendant cette étape, les filles allaient à l’école geisha de l’hanamachi (le district geisha). Les filles d’aujourd’hui suivent encore cette coutume pour apprendre les traditions, le dialecte et le code vestimentaire.

Une fois que la fille a terminé sa formation de shikomi en devenant compétente dans tous ses cours et en passant un examen de danse, elle était relevée de ses fonctions de « servante » et passait à la deuxième étape de la formation, appelée « minarai ». La formation de Minarai se faisait sur le terrain, mais les filles ne participaient pas aux niveaux plus avancés. Elles devaient la plupart du temps être vues et pas entendu, pour ainsi dire. C’est la robe de minarai que nous avons adoptée comme étant la tenue d’une geisha. Les geishas de niveau minarai ont en effet une apparence plus expressive et impressionnante, parce que leur robe est censée parler pour elles.

Une minarai fait équipe avec une  « onee-san », ou sœur plus âgée. Elle la suit à ses événements et observe principalement ou verse le thé. Une minarai pouvait également travailler en étroite collaboration avec une « okaa-san », qui est le propriétaire de sa maison geisha. Elle va apprendre l’art de la conversation et comment jouer à des jeux. Après avoir terminé cette étape, elle est promue « maiko », une apprentie geisha. Alors que les deux premières étapes ne durent que quelques mois, peut-être jusqu’à un an, l’étape de maiko peut durer des années…

La « maiko » ou apprentie geisha

La maiko va avec sa onee-san partout, mais maintenant elle peut participer, une fois que sa sœur aînée la sent à l’aise. La onee-san enseigne à la maiko comment être une vraie geisha, comment faire une cérémonie de thé, un arrangement floral, une calligraphie, un shamisan (un instrument à trois cordes), une danse ou une conversation. Elle l’aidera à choisir un nouveau nom professionnel, et à perfectionner sa façon de faire ses cheveux et son maquillage.

Les cheveux des geishas sont lavés environ une fois par semaine, et leur maquillage est si complexe qu’il doit être fait par un professionnel. Une base blanche épaisse est appliquée sur le visage, le cou et la poitrine. Une ligne est laissée autour de la racine des cheveux pour créer un look « masque ». Et une forme « W » est laissée à l’arrière du cou. Le noir est ensuite tracé autour des yeux et des sourcils. Une maiko porte aussi traditionnellement du rouge autour des yeux. Les lèvres sont aussi colorées en rouge, mais pas toute la lèvre, seulement des parties.

Après avoir porté ce maquillage pendant 3 ans, la maiko passe à un style plus sobre. Beaucoup de geishas établies ne se maquillent que lorsqu’elles font une performance spéciale. Selon que vous soyez à Kyoto ou à Tokyo, le comportement d’une geisha est différent. Les geishas de Tokyo sont plus susceptibles d’être impertinentes, tandis que les geishas de Kyoto sont plus sages.

Lorsque sa onee-san estime qu’elle est prête, la maiko devient une geisha à part entière et peut maintenant faire payer le prix fort. Il y a deux types de geisha : « la tachikata », qui danse principalement et « la jikata » qui chante et joue des instruments principalement. Les premières sont généralement les plus jeunes filles et les dernières sont les anciennes geishas plus établies.

Mais comment les geishas gagnent-elles de l’argent ?

A part se faire entretenir par un « danna », elles assistent à des fêtes et interviennent dans des maisons de thé, où elles sont le divertissement et les hôtesses. Elles servent du thé, chantent, dansent, jouent des instruments et discutent avec les invités. En d’autres termes, elles animent la fête et tiennent compagnie aux invités.

La formation pour devenir une geisha est extrêmement rigoureuse, et à cause de cela, le nombre de femmes qui deviennent geisha est en train de diminuer.

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