La vie après la mort, une réalité scientifique ?

La mort fascine, la mort inquiète, la mort terrifie. Elle, ou plutôt son caractère inéluctable et définitif. Toutefois, il semblerait que toutes nos cellules ne soient pas logées à la même enseigne de ce côté-là. Pas selon l’étude menée par Alex Pozhitkov, Peter Noble, Rafik Neme, Tomislav Domazet-Loso et leurs collègues en tout cas.

Les êtres vivants sont presque tous soumis aux mêmes impératifs. Ils naissent et ils doivent ensuite se nourrir pour pouvoir grandir, évoluer et arriver ainsi à la maturité sexuelle.

Cellules Mort

Toutes les cellules ne réagissent pas de la même manière face à la mort.

Lorsqu’ils atteignent ce stade, ils se mettent en quête d’un partenaire afin de se reproduire. Un beau matin, leur organisme finit par s’arrêter. Définitivement. Ils ont cessé de vivre.

La mort a toujours fasciné notre espèce

La mort fascine notre espèce depuis qu’elle est en âge de raisonner. Chaque culture l’appréhende de différentes manières. Chez les bouddhistes, par exemple, la mort n’est pas une fin en soi. Elle rentre dans un cycle dépassant toute notion de vie humaine. Les chrétiens, pour leur part, pensent que l’âme est immortelle et qu’elle voyage vers le Paradis ou l’Enfer une fois débarrassée de son enveloppe charnelle.

L’Islam et le Judaïsme partagent les mêmes vues, eux aussi, avec quelques nuances cependant.

Les scientifiques préfèrent pour leur part se focaliser sur l’organisme. Pour eux, la mort désigne avant tout l’arrêt des fonctions de base d’une celle, soit pour des raisons régulées, soit pour des raisons accidentelles.

Afin de percer les mystères de la mort, du moins sur un plan biologique, des scientifiques ont donc entrepris d’analyser l’organisme de plusieurs animaux après leur passage de vie à trépas. Essentiellement des souris et des poissons-zèbres. Pendant toute la durée de leur étude, ils ont focalisé leur attention sur l’activité de la transcription de l’ARNm (acide ribonucléique messager) au sein de cellules de ces spécimens.

Ils ont alors constaté que toutes les cellules n’étaient pas forcément logées à la même enseigne.

Toutes les cellules ne réagissent pas de la même manière à la mort de leur organisme

En réalité, les chercheurs se sont rendu compte que certaines cellules continuaient à être actives dans les 24 ou même parfois dans les 48 heures après la mort de leur organisme.

Le Dr Noble pense ainsi que « des cellules de types différents ont une longévité, un temps de production et une résistance au stress extrême différents ». Pour lui, c’est précisément ce qui explique que « certaines cellules restent en vie et tentent de se réparer » malgré l’arrêt de leur organisme.

Quelles sont les cellules les plus résistantes ? Toujours d’après les observations réalisées par cette équipe de chercheurs, les cellules impliquées dans le système immunitaire ou même dans le développement embryonnaire seraient bien plus résistantes que leurs camarades, de même pour celles qui sont associées au développement du cancer.

La question que l’on peut se poser, c’est évidemment de savoir si l’homme présente les mêmes caractéristiques.

Pour l’heure, les scientifiques n’ont pas procédé à des tests sur l’être humain. Ceci étant, leurs observations valent pour plusieurs espèces animales différentes et il serait par conséquent étonnant que la nôtre ne présente pas les mêmes particularités. D’autant que le poisson-zèbre et la souris présentent de nombreuses similitudes avec notre organisme.

La résurrection n’est pas possible en l’état actuel des choses

Le Dr Noble précise cependant dans l’étude que ces recherches ne veulent pas dire que la résurrection est possible. En réalité, elles prouvent simplement que certaines cellules peuvent développer leur activité lorsqu’elles sont soumises à un stress extrême.

Il pense cependant que cette découverte pourrait être utile pour les greffes… et notamment pour comprendre pourquoi certains receveurs sont plus susceptibles de développer des cancers.

En outre, cette étude pourrait aussi aider les médecins à déterminer plus facilement l’heure de la mort d’un patient. Grâce à la méthode utilisée, les chercheurs ont en effet été en mesure de calculer avec une extrême précision l’heure de la mort des animaux étudiés.

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