L’ADN utilisé pour infirmer une thèse conspirationniste portant sur les nazis

Vers la fin de la Deuxième Guerre mondiale, Hitler et quelques-uns de ses plus proches collaborateurs ont échappé à la justice en se donnant la mort. Rudolf Hess, un des députés du Führer, a préféré suivre un autre chemin. Il s’est rendu en personne en Allemagne et en Écosse, en 1941, dans le but de négocier un traité de paix entre l’Allemagne et la Grande-Bretagne.

Cependant, il fut arrêté au Royaume-Uni et jugé par les tribunaux militaires de Nuremberg.

ADN sédiments

Condamné à une peine d’emprisonnement à vie, il mourut dans le centre de détention de Spandau, à Berlin, en 1987. Cependant, depuis le début de son incarcération, une théorie complotiste circulait. Certains pensaient que l’homme qui était sous les barreaux, désigné comme étant le prisonnier «Spandau # 7», n’était qu’un imposteur.

La théorie du complot du doppelgänger Rudolf Hess, ou du « sosie de Rudolf Hess », vient d’être élucidée par une équipe de scientifiques. L’article présentant les résultats de l’étude est paru dans le journal Forensic Science International Genetics.

Un échantillon de sang étiqueté Spanadau n°7

Le « complot doppelgänger » s’est répandu en Allemagne, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Le Président américain Franklin D. Roosevelt était parmi ceux qui adhéraient à la théorie.

En réaction à de nombreuses requêtes, le gouvernement du Royaume-Uni avait lancé quatre procédures d’enquête sur le sujet.

En 2011, le gouvernement allemand a décidé d’incinérer les restes de Hess, ce qui réduisait l’espoir de découvrir la vraie identité du prisonnier. Toutefois, un échantillon de sang séché du détenu, datant 1982, obtenu dans le cadre d’un bilan de santé de routine, a pu être conservé. Celui-ci avait été prélevé par Phillip Pittman, médecin de l’armée américaine, et étiquetée «Spandau n ° 7» par le docteur Rick Wahl.

Le prisonnier Spandau n ° 7 était bien Rudolf Hess

Dès les années 90, Sherman McCall, un autre médecin militaire américain ayant suivi une formation en pathologie moléculaire, avait pris connaissance de l’échantillon. « Je n’ai pris conscience de la controverse historique que quelques années plus tard », a-t-il raconté. Il a néanmoins souligné que résoudre la controverse à partir de la diapositive était « une autre affaire ».

McCall a décidé de solliciter l’aide de Jan Cemper-Kiesslich, biologiste moléculaire de l’unité ADN du département de médecine légale de l’Université de Salzbourg, en Autriche. L’équipe de celui-ci a recouru aux techniques classiques d’ADN médico-légal pour extraire l’ADN du sang séché. Les scientifiques ont comparé le fragment d’ADN aux informations génétiques d’un individu de sexe masculin ayant un lien de parenté avec Hess.

Après avoir effectué des analyses approfondies, les chercheurs sont à 99,99% sûrs que le Spandau n ° 7 était bien Rudolf Hess, l’adjoint du Führer du Troisième Reich.

Mots-clés histoire