Laos : retour sur le mystère des jarres géantes

Découverte pour la première fois dans les années 1930 par Madeleine Colani, une archéologue française, la plaine des jarres du Laos constitue l’un des plus grands mystères archéologiques de l’histoire.  Le site, localisé sur le plateau du Trân-Ninh dans la province de Xieng Khouang, contient de gigantesques jarres de pierre datant de plus d’un millénaire.

Jusqu’à aujourd’hui, la manière dont elles ont été transportées, les personnes qui l’ont fait et la raison qui les a poussées à le faire restent des énigmes.

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Récemment, une équipe d’archéologues de l’ANU a découvert 15 nouveaux sites dans des forêts reculées et montagneuses. L’équipe a été aidée par des représentants du gouvernement laotien. 137 bocaux ont été identifiés. La trouvaille porte à croire que les mystérieuses jarres sont bien plus répandues que ce que l’on imaginait.

Les chercheurs ont également trouvé des disques magnifiquement sculptés, placés autour des pots.

Des verres de géants ou des objets funéraires ?

Selon la légende locale, les jarres remonteraient au temps des géants, les présumés ancêtres des Khmu. Ces hommes de grande taille les auraient utilisées en tant que verres pour boire de l’alcool de riz. Ils les auraient emportées sous leur bras lors des expéditions de guerre ou de chasse autour de la plaine.

Certaines études scientifiques tendent à démontrer que ces mystérieux récipients ont servi dans des pratiques funéraires.

En ce qui concerne les disques, dont l’une des deux faces est décorée, les chercheurs de l’ANU pensent qu’il s’agit probablement de marqueurs funéraires. Ce qui les intrigue le plus, c’est le fait que la face décorée du disque a été enterrée. « La gravure décorative est relativement rare sur les sites de pots et nous ne savons pas pourquoi certains disques ont des images d’animaux et d’autres des motifs géométriques », a déclaré le Dr Dougald O’Reilly, qui a codirigé l’équipe.

Plus de questions que de réponses

D’après le Dr O’Reilly, les jarres, dont certaines pèsent plusieurs tonnes, sont issues de carrières situées à plusieurs kilomètres de leur emplacement actuel. Toutefois, il n’a donné aucune précision sur la manière dont elles ont été transportées.

« Mais la raison pour laquelle ces sites ont été choisis comme lieu de repos définitif pour les pots est toujours un mystère », a-t-il ajouté. De plus, les experts n’ont aucune preuve d’occupation humaine sur ce territoire.

« Ces nouveaux sites n’ont en réalité été visités que par quelques chasseurs de tigres. Maintenant que nous les avons redécouverts, nous espérons pouvoir dresser un tableau clair de cette culture et de la manière dont elle a éliminé ses morts », a conclu Nicholas Skopal, un scientifique ayant participé à la découverte.

Mots-clés archéologie